Bien que ralentie, la décapitalisation se poursuit en vaches laitières, nourrie par la mauvaise conjoncture laitière. De son côté, le troupeau allaitant a connu son troisième mois de hausse après des années d’érosion.
Entre sécheresse et faible prix du lait, le cheptel français de vaches laitières continue de reculer, tandis que celui de vaches allaitantes « confirme sa reprise » démarrée cet été, indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. Avec 3,159 millions de vaches au 1er septembre, le troupeau laitier recule de 1,7 % en un an ; une baisse dont le rythme ralentit toutefois depuis début 2026. Ces dernières semaines, le mouvement s’est poursuivi, avec des réformes laitières « un peu plus nombreuses » et des abattages en hausse de 5,6 % sur un an durant les semaines 34 à 41 (17 août-4 octobre). Le mouvement s’est ensuite stabilisé (-2 % sur un an pour les semaines 41-44). Mais cette offre supplémentaire « pèse quelque peu sur les cours » : selon le bulletin hebdomadaire d’Interbev pour la semaine 44 (du 26 octobre), la vache O cotait 5,54 €/kgec, soit 41 ct de moins en onze semaines.
De leur côté, « les réformes allaitantes demeurent jusqu’ici très ralenties ce qui permet aux cours de résister à la baisse saisonnière » (-8,4 % d’abattages sur les semaines 34-41), constate l’Idele. Au 1er septembre, la France comptait 3,326 millions des vaches allaitantes (+ 0,8 % sur un an). À l’œuvre depuis juillet, cette résistance s’explique par « la progression du prix des animaux et au retour d’une meilleure fertilité après les épisodes de maladies vectorielles ». « Les abattages ayant été très limités en septembre, cette inversion de tendance pourrait être confirmée au 1er octobre », prévoit l’Idele.
Exportations de broutards « dynamiques »
Conséquence de ce renforcement : « Les naissances [allaitantes] étaient en forte hausse à la fin de l’été », promettant plus d’offre disponible l’année prochaine. Pour cette saison, après un premier semestre ralenti, les exportations de broutards « ont retrouvé du dynamisme », et les prix reculent depuis le début de l’automne.
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La suite apparaît plus incertaine pour les bovins viande. Interrogé par Agra Presse début octobre, le président de la section bovine d’Interbev, Emmanuel Bernard, estimait que « les effets de la sécheresse pourraient se faire sentir fin 2026, début 2027 ». La sécheresse historique a provoqué une lourde pénurie de fourrages, qui pourrait pousser nombre d’éleveurs à réduire leurs troupeaux. Ceux-ci pourraient se séparer de davantage d’animaux maigres ou de vaches de réforme. Avec de probables conséquences à long terme, comme une baisse des effectifs de jeunes bovins « en 2027 et les années suivantes », comme le craint Christèle Pineau, de l’Idele.
YG