Tous les animaux présents dans les foyers français de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été abattus. Des questions subsistent pour la suite, notamment l’organisation du retour d’estive dans la zone réglementée. En Corse, la campagne de vaccination préventive a démarré.
Fin d’épizootie en vue ? La France ne compte « plus aucun foyer actif » de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a annoncé la ministre de l’Agriculture sur X le 29 août, espérant une éradication rapide de la maladie. Autrement dit, l’ensemble des lots de bovins présents dans les 77 foyers ont été abattus. Une évolution rendue possible par la levée du blocage à Faverges (Haute-Savoie) le même jour : des militants de la Confédération paysanne y empêchaient, depuis la matinée du 27 août, l’accès à un lot de 15 animaux – le dernier à abattre – afin de protester contre l’abattage total des lots d’animaux infectés. « Si les mesures de lutte continuent d’être appliquées avec rigueur par tous les acteurs sur le terrain, une éradication rapide de la DNC est possible », espère le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 28 août.
La fin des abattages sanitaires permet d’ouvrir un nouveau chapitre et d’envisager la suite : en vertu de la réglementation européenne, l’administration pourra lever la zone réglementée – et les interdictions de mouvements qui s’y appliquent – 45 jours après l’extinction du dernier foyer. L’acquisition du statut « indemne » (condition pour exporter en provenance de la zone réglementée) interviendra, elle, au bout de 14 mois, a indiqué le ministère de l’Agriculture lors d’un brief à la presse le 28 août.
Réponse attendue sur la descente d’alpages
Les éleveurs alpins espèrent donc voir le bout du tunnel. Première mesure attendue : la réautorisation des mouvements dans les quelque 800 communes de la zone réglementée, qui compte 260 000 bovins. « Nous avons conscience que la descente des alpages doit intervenir dans les prochains jours, en raison des conditions climatiques et du début des vêlages », assurait le ministère de l’Agriculture le 28 août. « Nous sommes en train d’y travailler et une réponse sera apportée dans les tout prochains jours. »
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La dermatose nodulaire contagieuse est apparue en France le 29 juin, dans un élevage de Savoie. Cette maladie virale qui n’affecte pas l’homme est transmise par les piqûres d’insectes hématophages (taons, stomoxes). Si l’épizootie ne redémarre pas, elle aura été limitée à 77 foyers, dans 45 élevages de Savoie, Haute-Savoie et de l’Ain. Plus de 1 700 bovins ont été euthanasiés (sur un total de 263 000 dans la zone réglementée). Au 28 août, les services de l’État avaient indemnisé 42 propriétaires d’animaux pour un total de 2,4 M€, selon le ministère. « Les résultats sont là et confirment que la stratégie de lutte validée le 16 juillet en Cnopsav est la bonne », s’est félicitée Annie Genevard, citée dans un communiqué le 28 août. Cette stratégie repose sur trois piliers : biosécurité (restriction de mouvements), abattages des lots infectés et vaccination. Dans l’Hexagone, « plus de 90 % » des bovins de la zone réglementée avaient été vaccinés au 28 août, moins d’un mois après le lancement de la campagne de vaccination obligatoire.
La Sardaigne en retard sur la vaccination
La prochaine étape se joue désormais en Corse : le Cnopsav (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale) a approuvé le 28 août à l’unanimité la vaccination des bovins sur l’Île de beauté. La campagne de vaccination obligatoire des quelque 39 000 bovins de l’Île de beauté a démarré le 1er septembre. Cette mesure préventive – la Corse ne compte aucun foyer – était réclamée par les professionnels en raison de la proximité avec la Sardaigne, qui compte 53 foyers. C’est dans l’île italienne qu’a été détecté le premier cas européen fin juin, et la vaccination y est moins avancée que dans l’Hexagone : environ 40 %, contre 90 % dans la zone réglementée autour des foyers français, selon le ministère.
Autre motif de préoccupation : « il y a de nombreuses liaisons maritimes entre la Corse et la Sardaigne », rappelle la Rue de Varenne, soit autant de risques de véhiculer les insectes vecteurs de la DNC. Les éleveurs corses sont d’autant plus inquiets qu’ils disposent d’un précieux patrimoine génétique (races locales), qui serait menacé par les abattages massifs en cas d’infection.