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Bovins/DNC : 2e foyer dans l’Ain, un cadre pour les retours d’estive

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Une semaine après l’extinction de tous les foyers dans l’Hexagone, un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté dans l’Ain le 6 septembre. Quelques jours plus tôt, le ministère instaurait des dérogations aux interdictions de mouvements pour les retours d’estive.

Un deuxième foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé dans l’Ain le 6 septembre « dans un lot de cinq animaux non vaccinés » après deux semaines sans aucune nouvelle détection, a indiqué le ministère de l’Agriculture, appelant à la vaccination « dans les meilleurs délais ». Il n’est pas précisé si ce cas entraîne une modification des zones réglementées. Selon le bilan de la Rue de Varenne, ce foyer s’ajoute aux 77 foyers recensés à la fin août dans 45 élevages (32 en Savoie, 44 en Haute-Savoie et un dans l’Ain). Cette maladie virale et contagieuse a entraîné l’abattage plus de 1 700 animaux. Plus de 220 000 bovins ont été vaccinés, soit plus de 90 % des animaux de la zone réglementée, où les mouvements d’animaux sont aussi restreints. « En dépit de très bons résultats en termes de couverture vaccinale et de ralentissement important du nombre hebdomadaire de foyers, l’objectif d’éradication n’est pas encore atteint », a déploré le ministère dans un communiqué. « Ce nouveau foyer confirmé après 15 jours de paix sanitaire rappelle à la fois que notre stratégie de lutte fonctionne et que la bataille n’est pas terminée », a déclaré la ministre Annie Genevard, citée dans le texte.

« Il y a de réelles urgences »

Le ministère a par ailleurs confirmé des « dérogations pour certains mouvements dans la zone réglementée, sous conditions sanitaires » en particulier pour « la descente d’estive de bovins uniquement dans la zone réglementée, sous certaines conditions très encadrées, depuis la zone réglementée à destination de sites d’accueil dans la même zone réglementée ». Une instruction technique est parue en ce sens le 4 septembre. Au sein de la zone de surveillance (50 km autour des foyers), les dérogations sont possibles dans quatre cas : retours d’estive, vaches prêtes à vêler ou ayant récemment vêlé, bovins accidentés ou malades (hors suspicion de DNC) et changement de pré au sein de la zone de surveillance. Les animaux doivent être vaccinés et le transfert de propriété est interdit. D’autres motifs de dérogation sont également prévus, avec des conditions d’accès spécifiques : mouvements au sein de la zone de protection (20 km autour des foyers), transfert de veaux vers un atelier d’engraissement, abattage.

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Reste « un gros pas à franchir » : celui des retours d’estive avec sortie des animaux de la zone réglementée, précise la directrice de GDS France, Kristel Gache, à Agra Presse. Dans cette optique, pouvoirs publics et professionnels « réfléchissent à toutes les pistes » (pâtures temporaires situées en zone réglementée, protocoles « ultra-sécurisés » pour le retour en zone indemne, etc.). « Il y a de réelles urgences » pour potentiellement « plusieurs milliers d’animaux » (le chiffrage est en cours), note-t-elle, entre l’imminence des vêlages et la dégradation attendue de la météo.

Une semaine avant le nouveau cas dans l’Ain, Annie Genevard annonçait que la France ne comptait plus aucun foyer de DNC. À plus long terme, la zone réglementée pourra être levée 45 jours après l’extinction du dernier foyer. Cette levée permettra un « assouplissement » des contraintes, mais pas une levée immédiate de toutes les restrictions de mouvements, rappelle Kristel Gache. La France pourra ensuite recouvrir son statut « indemne », nécessaire pour les exportations en provenance de la zone réglementée, 14 mois après l’extinction du dernier foyer. Le premier foyer de DNC en France remonte au 29 juin, quelques jours après l’apparition de la maladie en Sardaigne. Il s’agissait du premier cas en Europe depuis 2017 et l’éradication de la maladie dans les Balkans, après deux ans d’épizootie.

Le cas des retours d’estive avec sortie de la zone réglementée pas encore réglé