La FFCB (négociants en bestiaux) a demandé au ministère plus de « pragmatisme » dans l’application des règles de biosécurité contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), notamment en matière de transit et d’allotement d’animaux.
La FFCB (négociants en bestiaux) a demandé au ministère de l’Agriculture plus de « pragmatisme » dans l’application de la réglementation européenne sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en matière de transit d’animaux, a appris Agra Presse le 22 janvier. Selon son directeur Romain Ferrier, les centres de rassemblement situés en zone vaccinale (Savoie par exemple) ne peuvent pas alloter ensemble des animaux issus de la zone vaccinale et d’autres issus de zones indemnes. Ces commerçants « doivent préparer des camions séparés et des départs différenciés », et certains « ont dû délocaliser leurs centres de rassemblement ». « Les bovins issus de zones indemnes entrant en zone vaccinale doivent être vaccinés, même s’ils ne sont pas voués à y rester », ajoute-t-il. La FFCB demande donc la possibilité de ne pas vacciner les animaux en transit et d’alloter des bovins issus de zones de statuts sanitaires différents.
Sur le plan sanitaire, aucun nouveau cas n’a été détecté depuis le début de l’année. Depuis l’arrivée de la DNC fin juin 2025, la France a comptabilité 117 foyers, les deux derniers ayant été confirmés en Ariège. Quant à la campagne de vaccination lancée mi-décembre dans dix départements du Sud-Ouest, elle est quasiment achevée : selon le bilan officiel au 20 janvier, environ 95 % des bovins de la zone étaient vaccinés (soit 684 000 animaux sur un total de 750 000).
« La vaccination devrait être une plus-value »
Toutefois, pour ces bovins vaccinés à titre préventif, « il n’y a pas de débouché » à l’export, prévient Romain Ferrier, de la FFCB. Baptisée ZV 1, cette zone vaccinale élargie comprend les départements indemnes visés par la campagne de vaccination préventive lancée le 15 décembre (Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn, Aude, Hérault), à l’exclusion de ceux comptant un foyer (Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées). Pour l’heure, la sortie des animaux de la zone est interdite, mais la question de l’exportation se posera à la levée de la zone. La zone ZV 1 n’est pas incluse dans les accords bilatéraux par lesquels l’Italie et la Suisse ont accepté de recevoir des bovins vaccinés. Ces accords ne concernent que la zone vaccinale ZV 2, constituée des anciennes zones réglementées des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Comme les éleveurs, la FFCB estime que ces accords sont « très contraignants ».
« La vaccination devrait être une plus-value en matière de valorisation des animaux, estime Romain Ferrier. Malheureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui. » En décembre, l’Institut de l’élevage faisait état de « conditions de marché contrastées » selon le statut vaccinal des animaux : les broutards des zones indemnes sont « très demandés », contrairement à ceux des zones vaccinales. Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé qu’elle se rendrait en Italie afin de « négocier des laissez-passer » pour les exportations de bovins vivants. Des discussions qui se tiennent finalement sans déplacement, et n’ont pas encore abouti à l’heure où ces lignes sont écrites.
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Réflexion sur la dé-catégorisation de la DNC
Plus largement, la FFCB rappelle son attachement à des « règles sanitaires strictes », mais « plus opérationnelles » afin de « garantir le cours des animaux ». « Le cadre sanitaire est non négociable, mais son application doit être plus opérationnelle », développe Romain Ferrier. Lors d’un rendez-vous avec la ministre le 7 janvier, le syndicat a proposé d’engager une réflexion à long terme sur une meilleure gestion au niveau européen de certaines maladies animales, dont la DNC. Une demande justifiée par la multiplication des épizooties due au réchauffement climatique. Alors que la DNC est classée en catégorie A (à éradication obligatoire et immédiate), le syndicat propose de la passer en catégorie B (à éradication obligatoire). « Cela pourrait être une solution pour dépassionner le débat, car, ce qui tend tout le monde, c’est l’abattage total » des lots infectés, explique le directeur de la FFCB. Et de développer : « En catégorie A, on n’a pas assez de latitude pour éviter l’abattage total. »
Il s’agit bien d’une demande à long terme, car elle nécessiterait de rassembler une majorité d’États membres favorables. Parmi les syndicats agricoles français, la déclassification est portée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale, qui demandent aussi la vaccination généralisée et la fin de l’abattage total. Plus largement, « depuis le début de la crise, nous avons toujours soutenu la stratégie de lutte », rappelle le directeur de la FFCB. « Mais il faut que l’administration ramène du pragmatisme dans l’application sur le terrain. »
YG