Alors que l’accalmie se confirme sur le plan sanitaire, le ministère a annoncé une nouvelle campagne de vaccination dans les zones déjà touchées par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Quelques jours plus tôt, l’Espagne donnait son accord pour l’importation de bovins vaccinés en provenance du Sud-Ouest.
Lors d’une réunion du Cnopsav (le « Parlement du sanitaire ») consacrée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le 9 février, « une large majorité des participants s’est prononcée en faveur du renouvellement de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025 », a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. Trois scénarios étaient sur la table : revaccination dans les zones déjà vaccinées, arrêt de la vaccination et extension de la vaccination à toute la France métropolitaine.
« Il y aura des ajustements qui remonteront du terrain », a précisé la Rue de Varenne lors d’un brief à la presse. Après quoi la nouvelle campagne démarrera « dans les prochains jours ou les prochaines semaines » pour les deux millions de bovins des actuelles zones vaccinales ou réglementées. En 2025 et début 2026, la vaccination avait été rendue obligatoire dans les zones réglementées (50 km autour des foyers), ainsi que dans une « zone vaccinale étendue » formant un « cordon sanitaire » le long des Pyrénées.
Dans l’Est, vacciner avant la montée en estive
Selon le ministère, les animaux des régions de l’Est (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté) – les premières touchées par la DNC – seront vaccinés avant la montée en estive, sachant que celle-ci peut intervenir « dès la mi-mars ». Quant aux bovins du Sud-Ouest (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine), ils seront vaccinés au retour d’estive, à l’automne 2026. Ils ont fait l’objet d’une primo-vaccination fin 2025 et la durée de protection est d’un an. Tous les bovins à partir de l’âge de trois mois sont concernés par l’obligation de vaccination. La vaccination sera toujours à la charge de l’État, pour un coût d’environ 40 M€, qui s’ajoute aux précédentes enveloppes déjà dépensées (plus de 62 M€). « Nous avons actuellement un stock d’un million de doses et la ministre a lancé une commande il y a quelques jours pour disposer de la quantité requise pour la campagne », indiquait la Rue de Varenne le 9 février.
Réagissant dans un communiqué le 11 février, les JA, la FNSEA et ses associations spécialisées d’éleveurs de bovins (FNB, FNPL) ont demandé des « réponses rapides, précises et opérationnelles » sur le déroulement de la campagne. « Aucune discussion n’a été engagée sur le calendrier opérationnel », déplorent les syndicats majoritaires, qui ont voté en faveur de la vaccination, mais pointent un « manque de visibilité » pour les éleveurs.
La Conf’ dénonce un débat « biaisé »
« L’idée qui a été validée en Cnopsav, c’est que tous les animaux des zones réglementées ou vaccinales soient couverts en 2026 », résume Patrick Bénézit, président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), auprès d’Agra Presse. « Cela ne suppose pas forcément de revacciner tous les animaux. » « Nous exigeons également un renforcement immédiat des mesures de biosécurité », ajoutaient les responsables professionnels dans leur communiqué, rappelant leur demande de renforcer les contrôles de mouvements d’animaux.
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De leur côté, la Confédération paysanne et la Coordination rurale se sont abstenues lors du vote en Cnopsav. Dans des communiqués séparés, les syndicats minoritaires insistent sur leur volonté de cesser l’abattage total des lots d’animaux infectés. Ce sujet n’a pas été abordé le 9 février, mais il constitue « un préalable obligatoire pour une stratégie vaccinale qui puisse être acceptée par les éleveurs », estime la Conf’. Le syndicat dénonce d’ailleurs un débat « biaisé d’avance ».
Accalmie sanitaire confirmée
Quant à la CR, elle explique s’être abstenue en raison de « l’absence d’informations suffisamment claires sur le calendrier de mise en œuvre et sur la faisabilité réelle des différents scénarios ». Le « principal point de tension », selon le syndicat, reste « le protocole sanitaire actuel et le maintien de l’abattage total ». La Coordination rurale appelle à « anticiper le printemps prochain » et « la reprise redoutée » de l’épizootie. L’une des priorités, selon elle, est de « développer des tests » pour ouvrir la voie à une modification du protocole. Les méthodes d’analyse actuellement utilisées ne permettent pas de confirmer à coup sûr la maladie chez des animaux asymptomatiques. Mais il faudra au bas mot plusieurs mois pour développer et homologuer de nouvelles méthodes.
Sur le plan sanitaire, l’accalmie se confirme, sans aucun nouveau cas depuis le début de l’année. Par ailleurs, les services du ministère précisent que « l’immunité collective a été atteinte dans le Sud-Ouest », ce qui correspond à au moins 75 % des animaux vaccinés depuis 28 jours dans 95 % des élevages. Ce critère ouvre la voie à un basculement de la dernière zone réglementée (Ariège et Pyrénées-Orientales notamment) en zone vaccinale, qui peut survenir à partir de 45 jours après le dernier foyer.
YG
La vaccination sera toujours à la charge de l’État
« L’immunité collective a été atteinte dans le Sud-Ouest »
L’Espagne accepte les bovins vaccinés issus du Sud-Ouest
L’Espagne a donné son accord pour recevoir des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) issus de la zone vaccinale du Sud-Ouest (ZV 1), jusque-là exclue, a annoncé Annie Genevard sur X le 5 février. Les exportations d’animaux (en premier lieu des petits veaux et des broutards) pourront « reprendre dès le mois de mars sous certaines conditions », indique la ministre de l’Agriculture. La ZV 1 regroupe les départements concernés par la campagne de vaccination préventive élargie qui ne présentent pas de foyer de DNC : Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn et Hérault. Le 27 janvier, la Rue de Varenne avait annoncé avoir obtenu l’accord de l’Espagne pour les importations des seuls bovins issus de la ZV 2. Cette zone vaccinale comprend les départements ayant connu des foyers ou inclus dans des zones réglementées : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et 500 communes dans le Sud-Ouest. Les sorties de bovins sont encore interdites dans la dernière zone réglementée, qui englobe les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ariège, ainsi qu’une partie de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées.