Sans parvenir à un accord le 13 décembre, l’UE et le Royaume-Uni se sont donné une dernière chance de conclure un accord sur leur future relation avant la fin de la période de transition fin 2021, en prolongeant leurs pourparlers. Des progrès ont depuis été observés malgré des divergences encore importantes.
À moins de deux semaines de la fin de la période de transition, le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier a noté le 17 décembre, « de bons progrès » dans les négociations commerciales avec le Royaume-Uni, mais souligné que « des obstacles demeurent » à la fois sur la question de la pêche et des conditions de concurrence équitable. Après une pause de quelques jours faute de progrès, les pourparlers ont repris suite à un long et éreintant week-end de négociations sur les futures relations post-Brexit lors duquel la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ont finalement estimé le 13 décembre qu’il serait « responsable à ce stade d’aller plus loin » afin de conclure potentiellement un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni. Le 16 décembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a indiqué que « les jours à venir seront décisifs et qu’une voie vers un accord, même très étroite, existe bien ». Le même jour, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays occupe jusqu’à la fin de l’année la présidence du Conseil de l’UE a également souligné que « nous restons d’avis qu’un accord vaudrait mieux que pas d’accord mais nous sommes préparés à ce second cas de figure ». Elle a évoqué la possibilité de parvenir à un compromis autour du 20 décembre.
Impact sur le secteur agricole
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Quelle que soit l’issue des pourparlers, la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière aura un impact indéniable sur l’économie des deux rives de la Manche. Selon les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), 29 000 à 155 000 emplois au total du secteur agricole pourraient être détruits dans dix États membres (Irlande, France, Italie, Espagne, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Pologne, Hongrie). Et en cas de « no deal », scénario le plus pessimiste mais qui reste le « plus probable », selon les dires du Premier ministre, Boris Johnson, les exportations agroalimentaires de l’UE chuteraient même de 62 %, soit 28 Mrds €, toujours d’après le Copa-Cogeca. Une telle perspective mettrait ainsi à mal plusieurs grandes filières agricoles déjà affaiblies par la pandémie de Covid-19, telles que la viande, le sucre, le vin, ou encore le riz.