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Brexit : la Commission européenne déplore l’absence de progrès tangibles

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Après une nouvelle semaine de négociations, Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE, regrettait le 24 avril le refus du Royaume-Uni de « s’engager sérieusement dans de nombreux domaines », alors que dans le même temps les Britanniques ne souhaitent pas prolonger la période de transition. Face à l’absence de progrès tangibles, la Commission européenne a rappelé que le temps presse pour trouver un « accord intelligent et unique » dans lequel les conditions de concurrence seront à la fois transparentes et équitables. Un nouveau round de discussion débute le 11 mai.

« Le Royaume-Uni n’a pas voulu s’engager sérieusement sur un certain nombre de points fondamentaux écrits assez clairement dans la déclaration politique adoptée le 17 octobre 2019 », a déploré Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE sur la future relation avec le Royaume-Uni une fois que celui-ci aura quitté le marché unique, à l’issue du second cycle de négociations (du 20 au 24 avril) par visioconférence, pendant lequel les Britanniques ont notamment réaffirmé leur volonté de ne pas prolonger la période de transition qui arrive à échéance fin décembre 2020. Tout en prenant note de cette décision, le diplomate européen estime que « le Royaume-Uni ne peut pas refuser de prolonger la période de transition et en même temps ralentir les discussions sur des questions importantes ». Malgré une absence de progrès tangibles, celui-ci considère que « les difficultés liées à la négociation sont encore surmontables ».

Une des principales divergences déjà présentes début mars lors du premier cycle de négociations (1) concerne la question de la gouvernance. D’un côté, les Britanniques souhaitent plusieurs accords séparés (relation commerciale, pêche…), et de l’autre côté, l’UE insiste sur l’importance d’un accord global. Sur le sujet complexe de la pêche, Bruxelles souligne d’ailleurs, qu’« il n’y aura pas de partenariat si ce point n’est pas réglé de façon équilibrée ».

Transparence et équité

L’autre sujet brûlant de ces pourparlers concerne les conditions de concurrence. Sur cet aspect, l’UE souhaite qu’elles soient « transparentes et équitables ». À cette fin, Michel Barnier précise que « ces conditions doivent être tout aussi ambitieuses pour garantir des normes sociales et environnementales élevées que pour prévenir les distorsions commerciales déloyales et les avantages concurrentiels injustifiés ». Tout en assurant qu’« il n’y aura pas d’accord commercial sans des règles du jeu équitables et ambitieuses ».

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Par ailleurs, le négociateur en chef de l’UE a également appelé le Royaume-Uni à réaliser des progrès concrets concernant l’institution des procédures douanières prévues pour l’Irlande du Nord. Celles-ci permettront ainsi d’effectuer tous les contrôles sanitaires et phytosanitaires nécessaires ainsi que d’autres contrôles réglementaires sur les marchandises entrant en Irlande du Nord en provenance de pays tiers, à partir de janvier 2021.

D’ici le 30 juin, date à laquelle une conférence de haut niveau est fixée pour faire le point sur les avancées des pourparlers, deux cycles de négociations sont encore prévus : les semaines du 11 mai et du 1er juin. Ces deux étapes seront cruciales pour « trouver un accord intelligent qui puisse amortir le choc », insiste Bruxelles, tout en soulignant qu’« aujourd’hui, alors que le délai est très court, il est impératif à la fois d’assurer la bonne mise en œuvre de l’accord de retrait, de se préparer aux conséquences économiques négatives de la fin de la période de transition et de négocier un futur partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni. Nous devons aller au-delà de la phase de clarification ».

(1) Voir n° 3732 du 09/03/2020