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Brexit : le Brésil et l’Argentine à l’affût du marché britannique

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La Confédération de l’agriculture et de l’élevage du Brésil a repéré 563 catégories de biens agricoles exportés dont l’accès au marché britannique devait être facilité par le Brexit dès le mois dernier. L’optimisme est également de mise en Argentine, où l’on parie sur un accroissement des exportations de vins et d’agneau.

La Confédération de l’agriculture et de l’élevage du Brésil (CNA), puissant syndicat patronal allié du gouvernement de Jair Bolsonaro, a présenté une étude de marché, le mois dernier, sur les opportunités commerciales liées au Brexit, qui seraient à portée de main du secteur agro-industriel brésilien.

Dans le nouveau contexte tarifaire du « UK Global Tariffs » établi depuis janvier, le Royaume-Uni devait éliminer, ou abaisser, les droits de douane prélevés, entre autres, sur 563 produits agricoles qu’exporte actuellement le Brésil. Pour les citrons par exemple, cet allégement fiscal attendu est de 14 % par rapport au tarif en vigueur dans l’UE, selon la CNA. Une filière parmi les grandes gagnantes de la nouvelle donne anglaise serait celle des huiles végétales essentielles, d’orange notamment, car le Brésil en est le premier fournisseur du Royaume-Uni.

Le Brésil compte pour 1,3 % des importations britanniques

Quant aux vins et au cacao en poudre, ils devaient être exemptés de taxe d’importation spécifique et échapper au système de quota, assure la CNA. L’Argentine devrait donc tirer son épingle du jeu dans le secteur des vins, tandis que le Brésil pourrait augmenter ses ventes de cacao vers les industries anglaises. Logiquement, les deux géants du Mercosur sont à l’affût du marché alimentaire britannique, puisque leur économie tourne essentiellement autour de l’agrobusiness. « Le Brésil n’a pour lui que sa campagne », a d’ailleurs admis Jair Bolsonaro.

Selon l’étude de la CNA, le Royaume-Uni a importé des biens agricoles pour 106 milliards de dollars (Mrd$) en 2019. Ses principaux fournisseurs ont été les Pays-Bas (10,9 Mrd$), l’Allemagne (9,6 Mrd$) et la France (8,3 Mds$). Le Brésil n’arrive qu’en seizième position avec des exportations vers la grande île d’une valeur de 1,4 Mrd$, soit une maigre participation de 1,3 %. Les opérations commerciales triangulaires, transitant par Rotterdam ou Anvers et réexportées vers le Royaume-Uni, sont-elles tenues en compte dans cette statistique ? La CNA ne répond pas. Le Brésil exporte au Royaume-Uni surtout du poulet (208,4 M$ en 2019), du bœuf (95,7 M$), des fèves de soja (130,3 M$) et des farines de soja (94,6 M$). Mais aussi ses fruits exotiques et autres spécialités à forte valeur ajoutée, d’où l’intérêt tout particulier du Brésil vis-à-vis de ce marché.

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Idylle passée entre Londres et Buenos Aires

Côté argentin, « nous sommes optimistes [vis-à-vis des suites du Brexit] en particulier pour la filière de l’agneau », indique Matías Lestani, du syndicat des Confédérations rurales argentines. Pour le bœuf, il juge « très improbable » l’essor éventuel au Royaume-Uni d’une plateforme de ré-exportation vers le marché commun, à l’instar des ports de la mer du Nord. « Notre offre ne suivrait pas, assure-t-il, car la Chine absorbe dorénavant l’essentiel de nos exportations de bœuf. »

L’Argentine et le Royaume-Uni connurent une idylle agro-industrielle à partir de 1881, avec des investissements britanniques destinés à la construction du réseau ferroviaire et des ports de l’Argentine. Ce pays fournissait alors à l’Angleterre des biens agricoles en quantité. Cette relation a atteint son point culminant en 1953, lorsque le pays sud-américain aurait fourni « 30 % des biens agricoles importés par Londres en cette année d’après-guerre », précise Matías Lestani. Cette part fut réduite à néant quand éclata la guerre des Malouines en 1982. Aujourd’hui, l’Argentine ne fournirait plus que 1 % de tels flux. Comme pour le Brésil, on ignore si ces chiffres incluent, ou non, les opérations de réexportations.

Droits de douane abaissés sur 563 produits agricoles