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Origine Bruxelles réticente à aller plus loin sur l'étiquetage

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La Commission européenne estime que l'étiquetage obligatoire de l'origine du lait, des viandes mineures (lapin, cheval, gibier) et des produits non-transformés et transformés contenant un ingrédient principal (céréales, fruits et légumes) n'est pas nécessaire. Un tel dispositif coûterait trop cher. Bruxelles préfère le maintien des systèmes actuels volontaires.

Des nouvelles exigences d'étiquetage obligatoire ne sont pas clairement nécessaires du fait de leur impact sur les coûts de production, et les règles d'étiquetage volontaires semblent être la solution la plus adaptée. C'est en substance la conclusion que tire la Commission européenne de son rapport sur l'étiquetage obligatoire de l'origine du lait, du lait utilisé comme ingrédient dans les produits laitiers et de la viande non transformée autre que la viande bovine, porcine, caprine, ovine et de volaille, publié le 20 mai avec près de 6 mois de retard (1). Pour le lait, l'indication obligatoire de l'origine aurait un impact inégal selon les producteurs, conclut ce travail. En effet, bien que le coût de l'indication de l'origine pourrait être faible dans l'ensemble, certains exploitants devraient introduire des systèmes de traçabilité supplémentaires, en particulier ceux des régions frontalières ou des zones qui ne produisent pas suffisamment de lait pour répondre à leurs besoins. Pour les produits à haut degré de transformation, les conséquences pourraient être très négatives. Une étude externe commandée par Bruxelles estime que l'étiquetage des produits laitier entrainerait une augmentation de 0 à 8% des coûts de production. Ceux-ci pouvant aller bien au-delà, par exemple les coûts de production du beurre, du yaourt et des fromages industriels, qui impliquent généralement l'incorporation d'ingrédients multiples, seraient plus touchés que ceux du lait de consommation. À l'inverse, les acteurs qui se fournissent localement et/ou appliquent déjà un étiquetage volontaire de l'origine, feront face à des surcoûts faibles voire négligeables

Conclusions divergentes

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Dans le cas des viandes dites mineures (cheval, lapin, gibier), Bruxelles estime là aussi que des coûts opérationnels supplémentaires devront être supportés pour imposer l'indication obligatoire de l'origine sur l'étiquette. Mais les conclusions de l'étude externe sur la question ne vont pas dans le même sens. Au contraire, les auteurs recommandent la mise en place d'un étiquetage obligatoire au moins pour les lieux d'élevage et d'abattage – comme c'est déjà le cas pour les viandes fraîches bovine, ovine, porcine caprine et de volaille. Ils reconnaissent néanmoins que dans le cas des chevaux, cela impliquerait un renforcement du système actuel d'identification et de traçabilité des animaux. Par ailleurs, Bruxelles a également officiellement publié son rapport sur l'étiquetage des produits non transformés, comprenant un seul ingrédient ou des ingrédients constituant plus de 50% d'une denrée alimentaire, notamment les fruits et légumes et les céréales. Là encore, la Commission européenne estime qu'un « dispositif facultatif, combiné avec les régimes d'étiquetage de l'origine obligatoires existants pour des aliments ou catégories d'aliments spécifiques, constitue la voie la plus appropriée à suivre ».

(1) Voir n° 3479 du 12/01/2015