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Aviculture Bruxelles valide le plan français pour sauver la filière volaille export

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Le ministre de l’agriculture français Stéphane Le Foll est venu le 22 novembre à Bruxelles faire valider par la Commission européenne un plan de sauvetage de la filière poulet grand export française confrontée à de graves difficultés depuis que les restitutions aux exportations de volaille ont été ramenées à zéro. Basé sur trois mesures (aides du premier pilier de la Pac, promotion et fonds structurels), il doit permettre aux industriels de rester compétitifs en 2014.

Le ministre de l’agriculture français Stéphane Le Foll a fait valider par la Commission européenne un plan de soutien de la filière avicole grand export bretonne, lors d’une rencontre le 22 novembre à Bruxelles avec le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos. Le ministre accompagné pour l’occasion de représentants du secteur avait sollicité ce rendez-vous suite à l’occupation de la sous-préfecture de Morlaix par des salariés du groupe Tilly-Sabco. Le commissaire européen, Dacian Ciolos, a quand même rappelé les nombreuses mises en garde sur la fin programmée des restitutions à l’exportation lancées par la Commission européenne et le temps que les entreprises concernées ont eu pour s’adapter à leur nouvel environnement. Entre 2003 et 2013, la France a reçu 767,7 des 887,8 millions d’euros versés au total par l’UE pour soutenir les exportations de viande de volaille.
 
Article 68
Le plan en trois volets consiste d’une part à récupérer 15 millions d’euros dans le cadre des paiements directs de la Pac via l’article 68 afin d’aider les éleveurs de volailles à améliorer la qualité de leur production. Cet outil qui permet d’octroyer un soutien sectoriel dans la limite de 10% de l’enveloppe nationale des paiements directs (bilan de santé de la Pac) ne pourra être activé qu’en 2014, car il a été prolongé par le règlement sur les mesures transitoires mais se sera plus disponible en 2015 avec l’entrée en application de la nouvelle Pac. Avec les 4 millions d’aides d’État déjà débloqués par l’office FranceAgriMer, ce sont 19 millions d’euros qui sont orientés vers le secteur en 2014. « Étant donné que nous exportons environ 200 000 tonnes de poulet par an, cela reviendrait à une aide d’un peu moins de 100 € par tonne de poulet en 2014 », a résumé Stéphane Le Foll.
 
Lisser les variations monétaires
Le ministre veut également créer un fonds de stabilisation des revenus qui permettrait de lisser la volatilité des prix mondiaux liée notamment aux variations des monnaies (euro/dollar et surtout euro/real). Ces derniers temps, les industriels brésiliens ont bénéficié d’une baisse de 20% du real. Ce fonds de stabilisation, prévu dans le cadre du nouveau règlement de développement rural de la réforme de la Pac, pourrait bénéficier d’une aide d’État pour son lancement (structuration…) et serait ensuite abondé par des cotisations prélevées auprès des professionnels. Pour chaque euro versé par la filière, Bruxelles apporterait un euro supplémentaire. Le ministère de l’agriculture va entamer des discussions avec l’interprofession pour préciser ses modalités de fonctionnement.
Enfin, la filière aura la possibilité de solliciter des fonds européens pour mener des actions de promotion du poulet export et une aide à la prospection de nouveaux marchés, pour des démarches de différenciation des produits sur les marchés tiers. Bruxelles vient d’adopter – le 21 novembre – une proposition de nouvelle législation européenne sur la politique de promotion des produits agricoles qui va être négociée avec le Conseil et le Parlement européen.
 
Tourner la page
Ce dispositif doit permettre de « passer l’année 2014 » et « de tourner définitivement la page des restitutions aux exportations, a expliqué le ministre. L’objectif est de pérenniser cette activité export qui a un potentiel très important de développement notamment au Moyen-Orient ». La filière française s’est montrée plutôt satisfaite par ces annonces. L’industriel Tilly-Sabco qui avait dans un premier temps menacé de licencier la quasi totalité de ses 300 employés a indiqué qu’il devrait être en mesure de maintenir son activité.
Au-delà de ce dispositif d’urgence, la filière pourra toujours compter sur un ensemble de mesures structurelles : aides à l’investissement (dans le cadre du développement rural), plan régional, soutien de la Banque publique d’investissement et fonds de modernisation des bâtiments d’élevage. En 2015, la filière française devra être prête à voler de ses propres ailes.

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