La Commission européenne propose aux Quinze de redynamiser la politique européenne de promotion des produits agricoles. Dans un rapport transmis aux Quinze et au Parlement européen, elle souligne certains points faibles dans l’exécution des programmes cofinancés par l’Union. Elle note qu’en 2002 et 2003, les crédits communautaires n’ont été utilisés qu’à concurrence de 24 et 47 %, mais que la situation devrait nettement s’améliorer en 2004, avec un taux de 80 %.
À l’avenir, la Commission entend mettre l’accent sur les actions de promotion ayant une dimension européenne tant sur le marché intérieur que vers les pays tiers. Les actions conjointes de plusieurs pays, constate-t-elle, se sont heurtées à certaines règles et procédures administratives trop complexes. Bruxelles estime également nécessaire de faire en sorte que les crédits européens fassent l’objet d’une meilleure répartition entre les différents secteurs. 46 % des actions financées par l’UE ont profité aux fruits et légumes, alors que divers autres secteurs éligibles, comme le vin ou le lin textile, n’ont guère retenu l’attention. Autres suggestions : réviser la liste des produits éligibles en tenant compte de l’évolution du marché ; éviter l’éparpillement des crédits entre un trop grand nombre de programmes ne pouvant prétendre avoir un impact significatif sur les marchés ou les groupes de consommateurs ciblés ; prévoir une plus grande flexibilité pour la part des dépenses non financée par la Communauté, laquelle prend à sa charge la moitié des dépenses, l’autre moitié étant répartie entre l’État (20 %) et les organisations professionnelles (30 %). De 2001 à 2003, l’UE a financé à hauteur de 50 % 94 programmes sur le marché intérieur représentant un budget de 166 millions d’euros. Le nombre de programmes acceptés durant cette période par secteur de production est le suivant : fruits et légumes 24, fleurs et plantes 9, produits laitiers 16, huile d’olive et olive 5, produits bio 14, vins 8, viande bovine 9 et appellations et produits divers 9.
Mettre l’accent sur l’international
Sur le plan international, la Commission déplore que le nombre de propositions pour les programmes de promotion en faveur des pays tiers soit aussi bas. Elle souligne à ce propos que, dans le nouvel environnement international, qui met l’accent sur la nécessité de réduire ou d’abolir les restitutions à l’exportation et d’intensifier la libéralisation des échanges, les actions communautaires peuvent servir à améliorer ou à maintenir la compétitivité des produits communautaires en sensibilisant le public à leurs qualités et aux méthodes européennes de production. La présence de l’UE, poursuit-elle, doit également être assurée dans les salons internationaux de l’alimentation ou dans les missions commerciales afin de valoriser une image européenne positive des produits agricoles.
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Compte tenu du peu d’intérêt manifesté par les organisations professionnelles et les États membres, la Commission entend disposer d’une plus grande latitude pour prendre des initiatives en vue d’actions d’information et de campagnes de promotion d’intérêt européen.
Elle précise que les Etats-Unis, le Japon et l’Australie disposent de moyens financiers importants pour s’affirmer sur la scène internationale. Ainsi 145 millions de dollars par an sont alloués aux divers programmes américains de promotion. « C’est dire combien il importe que l’UE joue elle aussi un rôle visible et effectif en matière de promotion des exportations », écrit-elle dans son rapport. Fin 2003, 30 programmes communautaires avaient été lancés sur les marchés des pays tiers pour un montant global de 45 millions d’euros.