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Budget : Bayrou veut raboter davantage l’Agriculture

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Pour se conformer à son objectif de déficit public, le nouveau gouvernement a proposé un coup de rabot supplémentaire de 284 M€ dans le budget agricole 2025. Il a été rejeté par le Sénat, la droite dénonçant non pas le montant, mais l’absence de ciblage des coupes.

À l’occasion de la reprise de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2025 les 17 et 18 janvier, les sénateurs ont rejeté un amendement du gouvernement prévoyant une baisse supplémentaire des crédits de 284 millions d’euros. Pour rappel, le projet de loi initial intégrait déjà une baisse des crédits de la mission Agriculture et forêt, à 4,43 Md€ (-6 %). Majoritairement à droite, la chambre haute a paru embarrassée par le dossier, endossant l’idée d’une nouvelle baisse, mais rejettant la méthode.

Déposé en dernière minute, cet amendement visait à mettre en œuvre les promesses faites par François Bayrou lors de sa déclaration de politique générale d’atteindre un « déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 », a expliqué la ministre de l’Agriculture en séance. Dans le détail, les coupes concernent les missions « Compétitivité et durabilité de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt » et « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation ».

La droite veut une coupe ciblée

C’est davantage la forme que le fond qui a gêné la droite parlementaire. Le rapporteur de la commission des Finances a dénoncé un « coup de rabot homogène inopportun », auquel il a opposé la « nécessité d’un ciblage ». « C’est une question bien difficile », a expliqué le sénateur LR Duplomb, endossant l’idée d’un effort sur le budget agricole, mais qui aurait préféré « faire un effort intelligemment, en supprimant ce qui emmerde les paysans, tout ce qui les surcharge de contraintes ».

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Concernant le montant, la ministre s’est évertuée à le relativiser au regard d’un précédent exercice exceptionnel pour l’agriculture, par la hausse des crédits et leur faible utilisation. En effet, le budget agricole avait augmenté d’un tiers sur l’année 2024, à 4,7 milliards d’euros (Md€) en loi de finances initiale. Et une grande partie de ces fonds n’ont pas été utilisés, si bien qu'« entre le réalisé 2024, et le projeté 2025, nous sommes à l’identique », calcule Annie Genevard.

En séance, la ministre a par ailleurs assuré de la permanence des promesses faites sous le gouvernement Barnier : maintien d’environ 100 M€ pour le fonds Ecophyto, avec une sanctuarisation des fonds alloués à recherche d’alternatives (Parsada), maintien des fonds alloués aux plans Fruits et légumes et Protéines.

Durant le débat, une dizaine d’amendements ont été adoptés, dont la plupart avec un avis défavorable du gouvernement, autrement dit promis à un sort très incertain. Seuls deux amendements de sénateurs ont reçu un avis de sagesse du gouvernement en séance : la baisse de 2,9 millions d’euros des crédits alloués à l’Agence bio (voir dans ce numéro) et une hausse de 7 millions d’euros pour l’aide à l’installation et aux transmissions.

« C’est une question bien difficile »