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Produits carnés CAM-Britex limite la casse

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La crise de la volaille continue de perturber fortement les comptes du groupe coopératif CAM-Britex, situé dans le Morbihan, mais sa politique de restriction des coûts lui a permis d’en limiter l’impact.

Le groupe coopératif CAM-Britex a perdu 1 million d’euros en 2003 pour un chiffre d’affaires consolidé de 350 millions. Ce déficit est lié « uniquement à la volaille-chair qui représente les deux tiers de notre activité », souligne Yvon le Bolloch, directeur général. Le reste de l’activité de l’entreprise concerne des productions purement coopératives réalisées avec 3 000 adhérents – appro, collecte de céréales, de lait, de poulets… confiées à Unicopa dont il est actionnaire. Au cours de l’exercice précédent, les pertes de CAM-Britex avaient atteint 3 millions d’euros pour un chiffre d’affaires qui était très légèrement supérieur (de 2 à 3 %) à celui de 2003.L’an passé, « nous avons baissé tant en volumes qu’en prix, en dindes comme en canards », explique le directeur général.

Réduction des abattages

Le volume de produits finis oscille entre 60 000 et 62 000 tonnes pour les deux espèces, mais le tonnage ne signifie plus grand chose sur un marché où les intervenants réduisent leur production. Entre la cessation d’activités des uns et l’arrivée de producteurs sans contrats, CAM-Britex a baissé de 4 % sa superficie de production à 420 000 mètres carrés.

En deux ans, le groupe morbihannais a réduit son niveau d’abattage de 105 000 dindes par semaine à 85 000 en 2003. Aucun plan social n’a touché les 1 300 salariés employés par le groupe dans l’industrie de la volaille. Seuls des contrats à durée déterminée et contrats d’intérimaires n’ont pas été renouvelés.

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Le canard est lui aussi touché. « Nous en sommes à 190 000 têtes par semaine, mais la baisse a touché en 2003 autant le canard de Barbarie (- 15 % en 2003) que celui de Pékin », ajoute Yvon le Bolloch. Seul motif de satisfaction sur ce marché en crise permanente, la montée en puissance de l’élaboration chez CAM-Britex.

Montée en puissance de l’élaboration

Sa filiale dindes Celvia-Ceprovia a mis sur le marché en 2003 près de 10 000 tonnes de préparations de dindes (crues ou cuites panés et 3 800 t de charcuterie de volaille qui connaît la plus forte évolution). La progression est moins spectaculaire mais stratégiquement toute aussi importante dans l’usine dédiée depuis trois ans à l’élaboré de dinde et canard (farcis, rôtis), Celtys, qui a atteint 1800 tonnes en 2003. « Nous avons clairement une stratégie de produits élaborés pour créer des produits service pour la RHD », souligne le directeur général. Les marques propres vont voir leur identité redéfinie prochainement au travers d’une communication qui pourrait être programmée lors du SIAL, en octobre.

Pour ce qui est des investissements industriels, CAM-Britex a remis à plus tard ses projets. En 2003, le groupe a procédé uniquement à des changements de machines pour maintenir les outils au niveau opérationnel voulu. Effet positif : la marge brute d’autofinancement s’est améliorée l’an passé à 9 millions d’euros. La politique de restrictions se poursuivra en 2004, compte tenu des mauvaises perspectives que présente l’exercice en cours, pour cause d’augmentation des coûts de l’ alimentation animale, des co-produits et de la taxe d’équarrissage.