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Carafe remet au goût du jour le vin à la tireuse

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Le concept Carafe est testé à Bordeaux. Crédits : © Carafe

La start-up Carafe a mis au point une unité de conditionnement pour remplir de petites cuves destinées aux cavistes ou aux organisateurs d’événements. Objectif : vendre du vin en supprimant l’emballage à usage unique, proposer une solution de commercialisation aux vignerons et des produits à prix attractifs pour les clients finaux.

Le vrac a le vent en poupe dans le secteur de l’épicerie, mais bien peu d’initiatives sont nées pour remettre au goût du jour la vente de vin à la tireuse. L’enjeu est de taille dans le secteur du vin où la vente en vrac est synonyme de vins de piètre qualité, bon marché et parfois même altérés par le mode de distribution.

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« La matière sèche – la bouteille, le bouchon, la capsule, et la logistique nécessaire à la distribution en bouteilles – représente en moyenne un tiers du prix de vente d’une bouteille. Or il s’agit d’un emballage à usage unique, jeté immédiatement après avoir consommé », constate Jonathan Bessard, qui a créé la société Carafe à Bordeaux, active commercialement depuis le printemps 2024.

Pour répondre à cette question à la fois économique et environnementale, Jonathan Bessard a eu l’idée d'une unité de conditionnement pour mettre en fûts le vin, directement à la propriété, ces fûts étant similaires à ceux utilisés pour la bière à la pression. « Le vin est conservé grâce à l’azote qui empêche toute altération liée à l’oxygène », souligne l’entrepreneur. Pour les cavistes ou les organisateurs d’événements, c’est une solution qui permet de proposer plusieurs vins, sans aucun risque de perte ou de dégradation, y compris sur des périodes longues.

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Une demande issue de plusieurs marchés

Jonathan Bessard a constaté qu’il y avait un marché pour son offre : les vignerons cherchent aujourd’hui de nouvelles façons de vendre leur vin en préservant leurs marges, les cavistes cherchent à diversifier leur offre en plus des bouteilles, les organisateurs d’événements veulent supprimer des déchets de verre, et les consommateurs sont ouverts à l’idée de lutter contre les emballages à usage unique, tout en ayant accès à des vin de qualité à prix accessibles.

En ce qui concerne l’offre, Carafe veut se positionner sur les vins de moyenne gamme, habituellement vendus en ente 12 et 21 € la bouteille chez un caviste, et qui sont donc proposés 33% moins chers. « Carafe permet de proposer des vins issus de propriétés, qui gardent leur nom, leur AOP et leur millésime, toutes ces informations étant rappelées sur un sticker réutilisable avec un QR code apposé sur la collerette », souligne Jonathan Bessard. Et les bouteilles peuvent être réutilisées et gérées grâce à la consigne.

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Carafe mène actuellement un test chez un caviste bordelais et prévoit d’autres tests. Mais d’ores et déjà, Jonathan Bessard souhaite être rejoint dans son aventure par un partenaires à la fois financier et opérationnel, à même de l’aider dans le passage à l’échelle industrielle de son service. Dans un premier temps, l’organisation d'événements serait le premier marché de déploiement de son offre, notamment en raison de l’appétit des clients pour une solution permettant de supprimer les bouteilles.