L’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a dénoncé le 7 septembre la stratégie de « décroissance » de l’UE et son Pacte vert. Une perspective qui tranche avec 2021, un « millésime encourageant » côté revenu.
« J’appelle à une politique qui soutienne la croissance et la production agricole responsable pour répondre aux défis de plus en plus forts pour nourrir la population mondiale », a lancé le président Eric Thirouin sur Twitter, en marge d’une conférence de presse. La stratégie De la ferme à la table s’inscrit « à contre-courant », selon lui. Début août, une étude d’impact publiée par Bruxelles a montré que le Pacte vert (Green deal) se traduirait par une baisse de production de 10 à 15 % en céréales, oléoprotéagineux et lait. L’AGPB, vent debout contre les objectifs 2030 de -50 % de phytos, -20 % d’engrais, 25 % de surfaces bio, y voit à la clé une baisse du revenu céréalier de 5 000 € (sur les quelque 6 000 € en moyenne ces huit dernières années).
Un revenu estimé à 2 Smic
Une sombre perspective qui tranche avec le « millésime encourageant » cette année : la production de blé tendre grimpe à 35,6 Mt (+23 % sur un an), d’après les chiffres de l’AGPB, et les prix s’envolent. Le revenu annuel par exploitation céréalière (avant impôts et après cotisations sociales) représenterait l’« équivalent de 2 Smic ». Quelques nuances sont toutefois apportées. « Les aléas climatiques, sans précédents cette année, ont fortement nui à la qualité des récoltes et aux rendements des exploitations, selon le communiqué. Des milliers d’hectares ont été inondés », notamment « 10 000 ha dans la Marne dont 2 000 non récoltés ». Rien que pour ce département, les pertes sont chiffrées à 3,5 M€. D’importants dégâts sont également signalés dans l’Aisne. Tous les voyants économiques ne sont pas non plus au vert. L’AGPB souligne la hausse des charges : +25 % en quelques mois sur le poste engrais, +35 % pour les carburants.
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2021 met un terme à « huit ans de disette » chez les céréaliers, en termes de revenus. Pour autant, l’AGPB relativise l’impact de la hausse des prix sur le consommateur. L’augmentation de 20 % des cours du blé tendre représente +0,007 € sur le prix de la baguette de 1 €, d’après ses chiffres. Chaque année, 38 kg de baguette sont consommés par habitant en France. La hausse de 60 % des cours du blé dur représente +0,18 € sur le prix du paquet de pâtes de 1 €. 9 kg de pâtes sont consommés par an et par habitant. L’AGPB juge le marché à « un juste prix qui permettra aux céréaliers d’affronter les défis de la compétitivité, la résilience face aux aléas climatiques et la transition agroécologique ». Et de saluer par ailleurs la validation officielle de la méthode de production bas carbone pour les grandes cultures : mieux vaut un « cercle vertueux pragmatique qui revalorise l’acte de production » plutôt que le « cercle vicieux dogmatique » du Pacte vert.