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Cerise : les producteurs manifestent contre la fin du phosmet

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Les producteurs de cerise appellent à nouveau à l’aide pour protéger leurs cultures de la mouche asiatique Drosophila Suzukii, suite à l’interdiction européenne de la substance phosmet.

Des producteurs de cerise ont manifesté leur colère face aux ravages de la mouche asiatique Drosophila Suzukii, le 16 janvier à Tournon-sur-Rhône (Ardèche). « Papy a planté, papa aussi et moi je dois arracher » et « Cerises françaises bientôt un souvenir ? », tels étaient les slogans des arboriculteurs réunis entre drapeaux de la FDSEA et des JA locaux, selon les photos partagées sur Twitter par la FNPF (fédération des producteurs de fruits). D’après l’AFP, environ 150 personnes et une trentaine de tracteurs ont convergé vers la commune limitrophe de la Drôme, à 20 km de Valence. Les producteurs craignent une « baisse drastique » de la récolte au printemps 2023, conséquence de l’interdiction d’utiliser la substance active phosmet depuis le 1er novembre.

Pas de traitement alternatif

Dans un règlement d’exécution paru le 25 janvier 2022 au JO UE (n°2022/94), la Commission européenne a décidé de ne pas renouveler l’approbation du phosmet vu les risques pour la santé humaine et animale détectés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Or selon les arboriculteurs, le phosmet (connu sous le nom commercial Imidan) est le seul traitement permettant d’agir efficacement contre Drosophila Suzukii depuis l’interdiction de l’insecticide diméthoate en 2016. Les produits encore autorisés (Success 4, Exirel, Karate Zeon, notamment) nécessiteraient d’augmenter les traitements pour une moindre efficacité. « La nuit on traite, la journée on ramasse, et malgré tout on a toujours peur que les cerises soient piquées », confie Aurélien Gayet, producteur dans le Rhône.

Lire aussi : Cerises : la filière demande des aides face au climat et à Drosophila suzukii

Une autre solution consiste à poser des filets sur les arbres pour les préserver des petites mouches, mais l’investissement peut atteindre « plusieurs dizaines de milliers d’euros », et la mise en place s’avère « complexe » (vergers sur coteaux) voire impossible. « Ça nous demanderait de retailler tous les arbres, sans compter que les filets ne sont pas faits pour nos vergers traditionnels parfois non-mécanisables », assure Alain Arquillère, producteur à Saint-Julien-sur-Bibost (Rhône).

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Face à ce constat, les producteurs veulent obtenir une dérogation pour continuer à utiliser le phosmet. « Comme le gouvernement l’a déjà fait, sur la betterave par exemple, il faut des dérogations jusqu’à ce qu’il y ait une solution alternative », réclame le vice-président de la FNSEA Jérôme Volle.

Le ministère de l’Agriculture devrait recevoir « prochainement » les producteurs sur ce sujet. Une réunion s’était déjà tenue en avril 2022 avec le précédent ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

« Il faut des dérogations »