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Climat : le Haut conseil critique des réponses aux manifestations

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LOA, loi Entraves, projet de Snanc… Les décisions qui ont suivi les manifestations agricoles de l’an passé ont « fragilisé l’action climatique du secteur », estime le Haut conseil pour le climat dans son rapport annuel.

Dans son rapport annuel pour 2024, paru le 3 juillet, le Haut conseil pour le climat n’est, à nouveau, pas tendre avec les politiques agricoles françaises, estimant cette fois que la réponse politique apportée aux manifestations agricoles « a fragilisé l’action climatique du secteur et contribué à ralentir sa transition agroécologique ». Et de citer la loi d’orientation agricole (LOA), le projet de Snanc (Stratégie alimentation nutrition climat), qui a été mise en consultation au printemps, et la proposition de loi Entraves, qui « contribueront à verrouiller sur le long terme la production agricole dans des modèles intensifs en émissions, plutôt qu’à l’orienter vers des modèles bas-carbone, plus résilients, donc moins vulnérables ». Il souligne également que 40 % du budget du ministère de l’Agriculture sont consacrés aux dépenses d’indemnisation et gestion de crise.

Parmi ses nouvelles recommandations, identifier les exploitations les plus vulnérables pour définir des politiques dédiées (prévention, assurance, investissement). Parmi les plus classiques, augmenter le tarif du GNR, la production de légumineuses, et les moyens alloués à la Snanc, encadrer la publicité…

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Trois leviers à faible coût en agriculture

De son côté, dans une note flash parue le 1er juillet, le Haut-commissariat au Plan propose quant à lui plusieurs leviers pour « décarboner au moindre coût », notamment trois en agriculture : haies/agroforesterie, réduction des engrais, taille et alimentation du cheptel bovin. Annonçant la parution prochaine d’un rapport dédié aux coûts d’abattement CO2eq dans l’agriculture, les auteurs de la note annoncent qu'« il montrera notamment que la plantation de haies et l’agroforesterie intraparcellaire permettent de séquestrer du carbone à un coût d’abattement très inférieur à la valeur de l’action pour le climat ». Ils indiquent aussi qu'« une certaine réduction de la consommation d’engrais à coût modéré apparaît également possible », et que « la question des émissions liées à l’élevage, majoritaires dans celles de l’agriculture, renvoie à celles de la taille du cheptel bovin ainsi que de son alimentation ». À l’inverse, ils soulignent que « les biocarburants présentent un coût d’abattement supérieur ».

Cette contribution s’inscrit dans les débats autour de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) dont la troisième version devra être officiellement adoptée d’ici la fin de l’année.

« Verrouiller sur le long terme la production agricole dans des modèles intensifs en émissions »