La Commission européenne a présenté une stratégie climatique à l’horizon 2050 qui doit permettre à l'UE de répondre à ses engagements dans le cadre de l’accord de Paris qui entrera en vigueur en 2020. L’agriculture est pleinement intégrée dans le dispositif avec, d’un côté, la nécessité de réduire ses émissions (engrais et élevage en premier lieu) et, de l’autre, les possibilités offertes par le stockage de carbone dans les sols et la bioéconomie.
Alors que se tient à Katowice (Pologne) du 3 au 14 décembre un nouveau sommet sur le climat (COP24) qui doit en particulier fixer les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris, lequel entrera en vigueur en 2020, la Commission européenne a adopté le 28 novembre sa nouvelle Stratégie en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE à long terme (1).
Le texte de 25 pages, qui expose comment l’UE respectera ses engagements dans le cadre de l’accord de Paris (sur la base de huit scénarios), ne comprend pas de chapitre à proprement parler sur l’agriculture mais souligne le rôle important que devra jouer le secteur de l’utilisation des terres, de l’agriculture et des forêts. Les auteurs décrivent l’agriculture et la sylviculture comme étant uniques, car ces secteurs disposent d’un potentiel considérable de séquestration et de stockage du carbone dans les sols et les forêts.
Moins de viande, plus de légumes
Avec l’augmentation de la demande alimentaire mondiale, la part de l’agriculture atteindra environ un tiers des émissions totales de l’UE d’ici 2050, mais des réductions sont possibles, souligne le document. L’agriculture devra en particulier réduire les émissions liées à l’utilisation des engrais, du fumier et au bétail. « Des changements vers une alimentation plus saine avec plus de légumes et moins de viande peuvent également réduire les émissions », indique Bruxelles.
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Parmi les autres pistes à explorer, Bruxelles met en avant les différences encore significatives dans la productivité des troupeaux de bovins dans l’UE, ce qui laisse entrevoir des possibilités d’amélioration. De même, le traitement du fumier dans des digesteurs anaérobies permet de réduire les émissions autres que le CO2 et de produire du biogaz. L’innovation jouera un rôle de plus en plus important, indique également la Commission européenne, avec : l’intelligence artificielle, la biotechnologie, la numérisation et les technologies comme l’agriculture de précision pour optimiser l’utilisation des engrais et des produits phytosanitaires. Enfin, la biomasse peut se substituer aux matériaux à forte intensité de carbone, en particulier dans le secteur du bâtiment, mais aussi par le biais de produits biologiques nouveaux et durables tels que les bioproduits (textiles, bioplastiques et composites).
Les Verts du Parlement européen et les ONG ont regretté que la Commission européenne ne donne pas clairement la priorité au scénario « zéro émission » à l’horizon 2050, indiquant que sur les huit scénarios proposés, aucun ne permet de respecter l’objectif de 1,5 °C d’augmentation des températures mondiales. Ces organisations saluent toutefois le fait que, pour la première fois, la décarbonisation de toute l’économie européenne soit envisagée.
(1) Voir n° 3663 du 15/19/2018