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Cognac : pas de sanctions chinoises, pour le moment

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Alors que les tensions commerciales montent entre Pékin et Bruxelles, la Chine a dévoilé les résultats préliminaires de son enquête sur les importations de cognac. Si le dumping de l’UE est constaté, l’empire du Milieu n’imposera pas de droits provisoires, pour le moment. Toutefois, les craintes demeurent chez les professionnels.

Le ministère chinois du Commerce a dévoilé, le 29 août, les résultats préliminaires de son enquête antidumping sur les importations de spiritueux obtenus par distillation de vin de l’UE lancée en janvier. Parmi les principaux éléments, Pékin constate notamment que les brandys importés de l’UE exercent bien un dumping, que son industrie subit donc une menace de préjudice substantiel, et qu’il existe une relation de causalité entre le dumping et la menace de préjudice substantiel. La marge de dumping a été fixée entre 30,6 % et 39 %. Néanmoins, l’empire du Milieu n’imposera pas de mesures antidumping provisoires sur le cognac importé depuis l’UE, pour le moment.

Lire aussi : Cognac : Pékin ouvre une enquête antidumping

Cette publication intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales sino-européennes. Pékin a lancé le 21 août une enquête antisubventions visant certains produits laitiers de l’UE importés en Chine au lendemain de l’annonce par l’UE de sa volonté d’instaurer des droits compensateurs définitifs sur les importations chinoises de véhicules électriques. En juin, c’est la viande porcine européenne qui faisait l’objet de l’ouverture d’une enquête antidumping de la part de la Chine.

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Du côté des représentants professionnels du secteur des eaux-de-vie de vin et des spiritueux, c’est la déception face à une décision qu’ils jugent injustifiée et incompréhensible. En juillet, la Commission européenne et les interprofessions de l’armagnac et du cognac avaient pourtant été auditionnées par les autorités chinoises afin de démontrer l’absence de dumping de leurs produits dans l’espoir d’un autre résultat. « S’ils étaient appliqués, de tels droits affecteraient lourdement le cognac dans ses exportations vers la Chine, marché qui représente à lui seul 25 % de nos exportations », s’inquiète l’interprofession du cognac (BNIC) à l’AFP. Ulrich Adam, directeur général de spiritsEUROPE a, lui, déclaré : « Notre secteur semble être une victime collatérale d’un conflit commercial plus large, qui limitera l’accès des consommateurs chinois à des produits qu’ils apprécient grandement, s’il n’est pas résolu en priorité ». Au niveau de l’exécutif européen, les services ont pris note de l’annonce et continuent de suivre l’enquête de près pour s’assurer que les dispositions de l’OMC sont respectées, a confirmé le porte-parole Olof Gill le 29 août. Et d’ajouter que Bruxelles prendra les mesures nécessaires pour défendre les exportateurs européens. La Chine est un marché important pour les exportations françaises d’eaux-de-vie de vin. En 2022, elles ont atteint 763,9 millions d’euros, selon les données des douanes françaises.