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Cognac : Pékin ouvre une enquête antidumping

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Dans un contexte de tensions commerciales, le ministère chinois du Commerce a décidé de lancer le 5 janvier une enquête antidumping touchant principalement les exportations européennes de cognac et armagnac. Pour l’industrie de l’UE, qui réfute les accusations, l’heure est au dialogue entre les autorités, le marché chinois représentant une part importante des débouchés du secteur.

Le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 5 janvier, le lancement d’une enquête antidumping concernant les importations de spiritueux fabriqués à partir de vins distillés dans des contenants de moins de 200 litres en provenance de l’UE, notamment le cognac et l’armagnac. Cette enquête s’intéresse à des soupçons de dumping entre le 1er octobre 2022 et le 30 septembre 2023, ainsi que de potentiels dommages pour le secteur en Chine entre le 1er janvier 2019 et le 30 septembre 2023. Elle devrait se terminer le 5 janvier 2025 mais pourrait être prolongée de six mois en fonction de « circonstances particulières », précise le ministère. Elle fait suite au dépôt d’une plainte, le 30 novembre, à l’initiative de l’Association chinoise des alcools qui évalue le dumping supposé des spiritueux de l’UE à 15,88 %. Pour le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), « ce niveau apparaît comme singulièrement bas par rapport à ce qui semble généralement retenu pour justifier une enquête antidumping ». La Chine est un marché important pour les exportations françaises d’eaux-de-vie de vin. En 2022, elles ont atteint 763,9 millions d’euros, selon les données des douanes françaises, et Pékin représente 18,5 % des exportations françaises totales de brandy.

Maintenir le dialogue

L’ouverture de cette enquête intervient un mois après la tenue d’un sommet UE-Chine au cours duquel les questions d’équilibre des relations économiques et d’équité des conditions de concurrence ont été soulevées par les dirigeants européens. Pour l’heure, la Commission européenne déclare analyser les documents transmis par ses homologues chinois, se réservant la possibilité d’agir « en coopération étroite avec l’industrie de l’UE concernée ». Au niveau des professionnels justement, le BNIC a indiqué que « nos produits et nos pratiques commerciales sont pleinement conformes aux réglementations chinoises et internationales ». Selon l’organisation, « cette enquête s’inscrit dans le cadre d’un désaccord commercial entre l’UE et la Chine sur d’autres secteurs industriels, sans rapport avec notre activité ». Bruxelles a en effet ouvert une enquête antisubventions en septembre à l’encontre des importations de véhicules électriques à batterie chinois. En décembre, ce sont les importations de biodiesel de Pékin qui ont fait l’objet d’une procédure antidumping.

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Lire aussi : UE/Chine : Bruxelles se plaint du déficit commercial avec Pékin

Le BNIC espère maintenant que ce différend sera résolu de manière constructive par l’UE et la Chine. Sentiment partagé par les producteurs européens de spiritueux (SpiritsEUROPE) qui soulignent que « la coopération technique entre l’UE et la Chine dans le secteur des spiritueux est à la fois ancienne et excellente ». Ils estiment également que la relance du groupe de travail UE-Chine sur les vins et les spiritueux devrait favoriser le dialogue sino-européen.