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Commerce international : tour du monde des discussions en cours

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À l’occasion de la dernière réunion du Conseil agriculture avant la pause estivale, le 15 juillet, le commissaire Wojciechowski a fait un état des lieux des différents pourparlers commerciaux en cours, insistant particulièrement sur l’Amérique du Sud et l’Asie, avec des situations diverses.

Comme il est dorénavant de coutume, la réunion des ministres de l’Agriculture du 15 juillet, la première sous présidence hongroise, a été l’occasion pour la Commission européenne de présenter aux États membres un état des lieux de la situation de l’UE concernant la politique commerciale en lien avec l’agriculture. Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a ainsi évoqué plusieurs négociations commerciales bilatérales en cours. Commençant par le Chili, le Polonais a rappelé que l’UE a ratifié en mars l’accord commercial intérimaire UE-Chili ainsi que l’accord-cadre avancé. De son côté, le Congrès chilien a débuté en mai son examen des accords, précise-t-il. Bruxelles espère que l’accord commercial intérimaire UE-Chili pourra entrer en vigueur au début de 2025.

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Pour les pourparlers avec le Mercosur, Janusz Wojciechowski reconnaît que le contexte politique actuel et le mouvement de protestation agricole du début 2024 rendent la situation « particulièrement complexe ». Et d’ajouter que d’importantes questions restent en suspens et qu’il faudra plus de temps pour trouver des solutions. Toutefois, en mai, le négociateur en chef de l’UE pour l’accord UE-Mercosur, Rupert Schlegelmilch, avait indiqué à un média brésilien qu’une conclusion des discussions pouvait être envisagée après les élections européennes des 6 au 9 juin. Plus récemment, c’est le président italien Sergio Mattarella qui a déclaré, le 15 juillet à l’occasion d’une visite d’État au Brésil, « qu’il est essentiel de parvenir rapidement » à un accord entre les deux blocs, qu’il qualifie de « décision historique ».

Tensions et difficultés

La montée des tensions commerciales avec la Chine, matérialisée par le lancement d’enquêtes antidumping sur le cognac et la viande, est source d’inquiétudes pour les États membres. De son côté, Janusz Wojciechwoski assure que Bruxelles suit ces développements de très près et travaille avec l’industrie pour s’assurer que l’enquête respecte pleinement les règles de l’OMC en la matière. Comme rapporté précédemment, les progrès sont lents dans les discussions avec l’Inde, notamment en matière d’agriculture. Le commissaire indique d’ailleurs que le secteur agricole est très sensible pour les deux parties, et que le récent accord commercial Inde-AELE – très modeste en termes de libéralisation agricole – donne une indication de l’approche de l’Inde à cet égard. Dans le même temps, le Polonais semble plus optimiste pour l’accord sur les indications géographiques qu’il estime « être à portée de main ».

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Cap au sud-est

Même situation concernant la Thaïlande avec laquelle les négociations sont entrées « en phase active » avec le cycle de discussions de juin. Le prochain aura lieu en novembre en Thaïlande. Pour l’Indonésie, la dernière phase de pourparlers a eu lieu la première semaine de juillet et le commissaire Wojciechowski prévoit de s’y rendre en octobre pour une mission diplomatique. « J’y vois de grandes opportunités commerciales pour les exportations de l’UE », précise-t-il. Par ailleurs, l’exécutif européen devrait entamer un premier cycle de négociations commerciales avec les Philippines. Celui-ci pourrait se dérouler en octobre à Bruxelles. Janusz Wojciechowski mise beaucoup sur ce pays, « importateur net de produits agroalimentaires, avec des barrières tarifaires relativement faibles et un intérêt pour les produits alimentaires de l’UE ». Enfin, le commissaire n’a pas évoqué les relations avec l’Océanie, et avec l’Australie en particulier alors que les discussions ont achoppé sur l’agriculture en fin d’année 2023. À ce stade, les élections fédérales australiennes en 2025 paraissent restreindre considérablement la fenêtre de tir pour un accord, au moins sur le court terme.

Des organisations européennes appellent à maintenir une politique commerciale ouverte

Parallèlement aux discussions entre les États membres, plusieurs organisations professionnelles de l’UE ont publié le 15 juillet une déclaration conjointe sur le commerce international. Parmi les signataires, on retrouve de nombreuses associations issues du secteur agroalimentaire comme le CEEV (vin), SpiritsEurope (spiritueux), Coceral (graines), EDA et Ecolait (lait) ou encore le CEMA (machinisme). Intitulé « Défendre l’ouverture des échanges pour un avenir prospère », ce document appelle l’UE à maintenir « une politique commerciale ambitieuse et ouverte ». Les associations signataires indiquent que « l’ouverture commerciale stimule la croissance économique et la création d’emplois » tout en estimant que 20 % des emplois dans l’UE dépendent des exportations. Par conséquent, elles estiment que la priorité devrait se porter sur « [l’ouverture] de marchés nouveaux et diversifiés par le biais d’accords commerciaux et d’une réduction des obstacles techniques au commerce ». Une déclaration conjointe notamment saluée par les entreprises agricoles ukrainiennes (UCAB – Ukrainian Agrobusiness Club).