Élue de justesse par le Parlement européen à la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a tenté de donner des gages en matière de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique, y compris dans le cadre des accords commerciaux signés avec des pays tiers. Elle espère néanmoins poursuivre la politique commerciale de l’UE avec la signature rapide de traités de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En matière agricole, elle propose de lancer une nouvelle “stratégie de la ferme à la fourchette” sur l’alimentation durable.
Le Parlement européen a été élu le 16 juillet lors d’un vote serré à Strasbourg (par 383 voix, contre 327 et 22 abstentions), la chrétienne-démocrate allemande Ursula von der Leyen, candidate désignée par le Conseil européen, à la présidence de la prochaine Commission européenne.
Dans ses Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2019-2024, présentées à l’issue de son élection, elle précise notamment qu’il faudra « changer notre façon de produire, de consommer et de commercer. La préservation et la restauration de notre écosystème doivent guider tout notre travail. Nous devons établir de nouvelles normes en matière de biodiversité, qui s’étendent au commerce, à l’industrie, à l’agriculture et à la politique économique ».
Une stratégie “Farm to Fork”
Sur l’agriculture, elle souligne que « le travail vital de nos agriculteurs pour fournir aux Européens des aliments nutritifs, abordables et sûrs » doit être « préservé ». Pour cela, assure-t-elle « nous soutiendrons nos agriculteurs avec une nouvelle “stratégie de la ferme à la fourchette” (“farm to fork”) sur l’alimentation durable tout au long de la chaîne de valeur ». Ursula von der Leyen promet que « nous chérirons et préserverons nos régions rurales et investirons dans leur avenir » car elles sont « le tissu de notre société et le cœur de notre économie ».
Au cours de sa campagne pour rassembler une majorité au Parlement européen, elle avait notamment promis : de faire de l’Europe le premier continent neutre d’un point de vue carbone d’ici à 2050 avec un objectif de réduction des émissions de CO2 de 55 % en 2030 et l’introduction d’une taxe carbone aux frontières de l’UE pour protéger les produits européens de l’importation de produits ne respectant pas les normes européennes.
Sur le volet commercial, la future présidente de la Commission européenne s’est engagée à ce que chaque accord de libre-échange négocié par l’UE sous son mandat contienne un chapitre « développement durable » incitant les partenaires commerciaux à respecter les normes environnementales et sociales les plus élevées. Un "chef de l’application de la politique commerciale" sera nommé pour veiller au respect des dispositions prévues par les accords de libre-échange. Et les négociations en cours avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande devraient être rapidement conclues.
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Collège des commissaires
Enfin, Ursula von der Leyen espère parvenir à introduire plus de transparence tout au long du processus législatif, notamment sur les positions prises par les uns et les autres dans ce cadre.
La présidente-élue de la Commission européenne va désormais pouvoir commencer à travailler à la constitution du nouveau collège des commissaires qui prendra ses fonctions le 1er novembre. Pour cela, dans un premier temps, elle va envoyer des lettres officielles aux chefs d’État ou de gouvernement des États membres les invitant à proposer leurs candidats – une douzaine d’États membres n’ont pas encore fait connaître les personnalités qu’ils souhaitent envoyer à Bruxelles comme commissaires. Lesquels, une fois leur poste défini, seront auditionnés par les commissions parlementaires compétentes du 30 septembre au 8 octobre. Le collège complet des commissaires sera ensuite élu par le Parlement européen, probablement lors de sa session du 21 au 24 octobre.
(1) Voir n° 3702 du 22/07/2019
La commission parlementaire de l’agriculture se met au travail
La commission de l’agriculture du Parlement européen (Comagri) se réunit le 23 juillet pour la première fois suite à sa session constitutive du 10 juillet qui a vu l’Allemand Norbert Lins, du groupe démocrate-chrétien (PPE), être élu président (1). Les coordinateurs des groupes politiques se rencontreront pour commencer à avancer sur le programme de travail de la Comagri. Deux Italiens, Paolo de Castro pour les sociaux-démocrates et Herbert Dorfmann pour le PPE, ont été choisis pour représenter leurs groupes politiques. Les autres coordinateurs sont : l’Allemande Ulrike Müller pour Renew Europe, Martin Häusling (Allemagne) pour les Verts, Luke Flanagan pour la Gauche unie et l’ancien ministre de la santé tchèque, Ivan David, pour Identité et démocratie. Les conservateurs (groupe ECR) doivent encore désigner leur coordinateur. Principal point sur lequel ils vont devoir rapidement se mettre d’accord : que faire des trois rapports votés avant les élections européennes par la commission parlementaire sur les propositions de la Commission de Bruxelles pour la future Pac ? Ils ont le choix entre les soumettre à un vote en plénière du Parlement européen ou reprendre leurs travaux. Une recommandation sera adressée à la Conférence des présidents. La décision devrait être prise au mois de septembre. Les eurodéputés de la Comagri devront également élire le 23 juillet leurs 3e et 4e vice-présidents. Une élection reportée à cause de la candidature controversée proposée par le groupe conservateur ECR pour le poste de 3e vice-président. Les parlementaires auront ensuite un échange de vues avec le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan.