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Conseil agricole : dernière séance pour Phil Hogan

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont rendez-vous le 14 octobre à Luxembourg pour ce qui sera le dernier Conseil de Phil Hogan en tant que commissaire européen à l’Agriculture. Principaux points au programme : l’état des lieux des discussions sur la future Pac, la stratégie forestière de l’UE et la situation des marchés agricoles.

Pour ce qui devrait être le dernier Conseil agricole de Phil Hogan en tant que commissaire à l’Agriculture, les ministres de l’UE réunis le 14 octobre à Luxembourg feront un état des lieux des négociations sur la future Pac. La présidence finlandaise estime que les règlements Horizontal et OCM unique sont « stables ». Les discussions restent par contre ouvertes sur le volet Plans stratégiques en particulier sur la nouvelle architecture verte et le nouveau modèle de mise en œuvre. La présidence finlandaise Conseil va demander aux ministres de l’Agriculture de répondre à une question très ouverte : « Quels sont les éléments essentiels des propositions de réforme de la Pac qui, à votre avis, doivent être examinés plus avant ? ».

Par contre, les propositions très attendues sur les mesures de transitions, qui doivent prolonger d’un an les dispositions de l’actuelle Pac en 2021 compte tenu du retard pris par les négociations budgétaires, ne seront pas discutées. Les règlements en question sont en cours de finalisation au sein de la Commission européenne et devraient être présentés dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, la France devrait présenter une déclaration commune signée par une quinzaine de délégations – dont ne devrait pas faire partie l’Allemagne – appelant à préserver le budget de la Pac dans le futur cadre financier pluriannuel de l’UE 2021-2027 (voir encadré).

Airbus

Les ministres des Vingt-huit seront également informés par la Commission européenne de la situation des principaux marchés agricoles. Selon Bruxelles, qui vient de publier ses perspectives agricoles à court terme (1), la situation du marché est plutôt stable, voire même positive, notamment pour les fruits et légumes, les produits laitiers, la volaille, la viande de porc ou le vin (avec quelques exceptions locales). Certains secteurs suscitent néanmoins des inquiétudes : l’huile d’olive et les olives de table, la viande bovine, le riz, le sucre et, dans une moindre mesure, certaines céréales. Le commissaire européen devrait également apporter des éléments concernant l’impact négatif potentiel des tarifs douaniers supplémentaires que les États-Unis envisagent d’imposer à certains produits agroalimentaires de l’UE en lien avec l’affaire Airbus (2).

Punaise diabolique et peste porcine

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Un échange de vues entre les ministres sera également organisé sur les questions forestières en particulier la stratégie post-2020 de l’UE en la matière et la communication de la Commission européenne sur la protection internationale des forêts (3).

D’autres dossiers, sous "points divers", sont également à l’ordre du jour : la Commission fera le point sur les questions de sûreté alimentaire et présentera un état des lieux de l’épidémie de peste porcine africaine dans l’UE, l’Italie alertera sur la menace que représente la punaise diabolique (parasite originaire d’Asie) pour les productions de fruits et légumes, et les ministres seront informés des résultats de conférences sur la bioéconomie (en Finlande du 8 au 10 juillet 2019) et « la production et transfert de connaissances pour le progrès de l’agriculture et des zones rurales » (en Slovénie le 23 août).

(1) & (2) Voir même numéro

(3) Voir n° 3703 du 29/07/2019

Pour un budget « approprié »

« Un renforcement des ambitions environnementales et climatiques de la Pac ainsi que du bien-être des animaux devrait aller de pair avec la mise à disposition de fonds appropriés pour leur mise en œuvre », écrivent les ministres de l’Agriculture français, allemand et polonais réunis le 7 octobre à Varsovie dans une déclaration commune adoptée à l’occasion. Ils ne vont néanmoins pas jusqu’à se prononcer pour le maintien du budget de la Pac à son niveau actuel, la ministre allemande ayant beaucoup de mal à défendre cette position au sein de son gouvernement. Didier Guillaume, Julia Klöckner et Jan Krzysztof Ardanowski estiment également que la future Pac doit rester « une politique axée sur le marché » et devra « fournir des instruments de soutien appropriés pour protéger et développer les petites exploitations agricoles ou les exploitations familiales ».