Même si, pour une fois, ils ne discuteront pas de la future Pac, les ministres de l’Agriculture de l’UE auront le 19 juillet à Bruxelles, pour leur premier Conseil sous présidence slovène, un programme chargé. Passée la traditionnelle présentation des priorités de la nouvelle présidence pour les six prochains mois, les Vingt-sept adopteront leurs conclusions sur le plan de développement de l’agriculture bio, feront le point sur les avancées des négociations commerciales internationales, auront un échange avec le secrétaire américain à l’Agriculture ou encore débattront de la révision de la législation sur le bien-être animal.
Les ministres de l’Agriculture de l’UE se retrouvent le 19 juillet à Bruxelles pour leur première réunion du semestre sous présidence slovène. Le ministre Jože Podgoršek présentera ses priorités et son programme de travail. Il l’a répété le 13 juillet lors d’une rencontre avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture : son principal objectif sera de finaliser les discussions techniques sur la future Pac afin que les trois règlements puissent être définitivement adoptés avant la fin de l’année.
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Autre dossier prioritaire pour la présidence slovène : l’agriculture biologique. Les Vingt-sept devraient adopter dès le 19 juillet leurs conclusions sur le Plan d’action en faveur de la production biologique présenté par la Commission européenne au mois d’avril en vue d’atteindre l’objectif de 25 % de surfaces bio en 2030. Les États membres insistent dans leurs conclusions sur la nature « volontaire » des plans d’action nationaux, ainsi que sur le nécessaire développement équilibré entre l’offre et la demande. La Belgique présentera à cette occasion une déclaration sur les contrôles aux frontières dans le cadre du nouveau règlement bio qui entrera en vigueur en 2022.
Commerce international et États-Unis
Autre dossier à l’ordre du jour : les questions de commerce international avec un état des lieux fait par la Commission européenne sur les négociations en cours avec la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Chili mais aussi les discussions en cours à l’OMC en vue de la réunion ministérielle de la fin d’année et les relations avec les États-Unis. Sur ce dernier point, au déjeuner, les ministres auront justement un échange avec le secrétaire américain à l’Agriculture Tom Vilsack sur le thème des défis pour l’agriculture face au changement climatique et au besoin de durabilité.
Bien-être animal
Les ministres débattront également des questions de bien-être animal. La Commission européenne présentera ses propositions en vue d’interdire progressivement l’élevage d’animaux en cage. Ces nouvelles dispositions seront intégrées dans le cadre de la révision à venir de la législation européenne relative au bien-être animal attendue pour 2023. Mais plusieurs États membres ont d’autres demandes pour cette révision.
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L’Autriche proposera des pistes d’amélioration du bien-être des dindes. Elle souhaite que la Commission établisse des normes minimales spécifiques à ces animaux notamment sur la densité maximale des élevages. La France et l’Allemagne demanderont, quant à elles, à la Commission européenne de commencer les travaux en vue de l’interdiction de la mise à mort systématique des poussins mâles dans l’Union européenne. « Dans l’Union européenne, chaque année, environ 260 millions de poussins mâles issus des couvoirs producteurs de poules pondeuses sont éliminés après éclosion, en raison d’un manque de valorisation économique », expliquent les deux pays dans une note. L’Allemagne a déjà interdit ces pratiques à compter de 2022. Les ministres français et allemand mettront en avant les alternatives qui existent, en particulier le sexage des embryons in ovo afin de ne sélectionner avant éclosion que les embryons femelles.
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Apiculture
Dans une proposition conjointe portée par la Hongrie et soutenue par la Croatie, la France, la Grèce, l’Italie et la Roumanie, les États membres vont demander à Bruxelles d’envisager d’étendre les pouvoirs des États membres pour utiliser les ressources disponibles des programmes apicoles nationaux de manière plus flexible pour soutenir les mesures en faveur des conditions sanitaires des colonies d’abeilles. Ces pays souhaitent également que la Commission, lors de l’élaboration des modalités d’application des règlements de la Pac, prévoie la possibilité d’une aide basée sur le nombre de colonies d’abeilles pour maintenir les bonnes conditions sanitaires des ruches.
Demandes de mesures exceptionnelles
La Grèce alertera pour sa part sur la situation de son secteur de l’huile d’olive touché par les conditions climatiques extrêmes suite en particulier aux épisodes de gel du printemps. Une réduction de la production d’olives et d’huile d’olive de 70 à 90 % est prévue dans les zones les plus touchées, notamment la Crète. Athènes sollicitera une aide financière exceptionnelle afin de soutenir les producteurs des zones concernées
Autre situation de marché compliquée pour le secteur de l’élevage en Croatie, confronté à la hausse des coûts des aliments pour animaux. La ministre croate appellera la Commission européenne à examiner « toutes les options disponibles pour stabiliser le secteur, que ce soit sous la forme d’un soutien financier ou d’autres mécanismes efficaces ». Dans une note transmise au Conseil, elle indique qu’en un an, le prix du maïs a augmenté de 43,8 %, celui du blé de 20,7 %, celui de l’orge fourragère de 12,7 %, celui du tourteau de tournesol de 37 % et celui du soja de 94,9 % quand, dans le même temps, le prix des produits de l’élevage a enregistré une croissance nettement inférieure, et dans la production porcine, a même baissé de 15,8 %.
Enfin, Chypre demandera l’aide de l’UE suite à des incendies qui ont causé de sévères dommages à certaines productions (grandes cultures, serres, élevage).