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Conseil agriculture : l’Ukraine, la Pac et le loup pour lancer la présidence belge

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Pour leur première réunion sous présidence belge du Conseil de l’UE, le 23 janvier à Bruxelles, les ministres de l’Agriculture se pencheront une nouvelle fois sur la question des importations ukrainiennes alors que la Commission européenne prépare une prolongation des mesures commerciales autonomes. Les Vingt-sept auront également un premier échange concernant le dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE que va lancer la Commission européenne. Autres dossiers à l’agenda : le programme de travail de la présidence belge pour le premier semestre, le statut de protection des grands carnivores, la viande de synthèse, l’eau et les engrais organiques.

- Commerce international : la guerre en Ukraine en toile de fond

Le traditionnel débat sur les questions commerciales liées à l’agriculture devrait une nouvelle fois se focaliser sur le sujet ukrainien. Alors que des manifestations agricoles ont lieu dans plusieurs États membres, les ministres de l’Agriculture de l’UE auront l’occasion de donner leur opinion concernant la prolongation des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine que la Commission européenne tarde à présenter. Selon toute vraisemblance, les États membres devraient une nouvelle fois rappeler leur soutien à l’Ukraine tout en évoquant le besoin d’informations plus détaillées sur les importations et la nécessité de définir des solutions à moyen et long terme. À ce titre, les cinq États membres d’Europe orientale (Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie), qui ont adressé un courrier aux commissaires Dombrovskis et Wojciechowski, devraient inviter Bruxelles à mettre en place des contingents tarifaires pour les importations ukrainiennes sensibles. Cela devrait également être l’occasion pour la Commission européenne de fournir quelques données en lien avec la hausse des importations en provenance d’Ukraine (+ 73 % au global, + 69 % pour la volaille, +172 % pour les œufs) mais aussi, dans un autre registre, de faire le point sur les autres sujets commerciaux et d’aborder l’agenda des prochains mois en la matière.

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Parallèlement, la Lettonie devrait profiter de l’échange de vues sur le commerce international pour soulever un point divers concernant les importations agroalimentaires en provenance de la Russie. Comme lors de la réunion du Conseil agriculture de décembre, la Lettonie devrait indiquer que l’UE a le devoir moral de mettre un terme aux échanges commerciaux susceptibles de contribuer directement ou indirectement à la capacité de la Russie à poursuivre la guerre contre l’Ukraine.

- Dialogue stratégique : premier tour de table

Les ministres des Vingt-sept auront un premier échange concernant le dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture que s’apprête à lancer la Commission européenne. Ce dialogue ne devra pas uniquement porter sur la future Pac mais aussi évoquer d’autres défis tels que le prochain élargissement de l’UE ou les zones rurales, ont indiqué les experts des États membres lors de la réunion préparatoire du 15 janvier, en comité spécial agriculture (CSA). Les délégations ont également souligné le besoin, dans cette discussion, d’envoyer un message de stabilité pour les agriculteurs et d’éviter des discussions controversées sur la durabilité. Autres thèmes qui devraient être évoqués par les ministres : la gestion des crises, l’importance de la R & D et la question du renouvellement générationnel.

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La présidence belge du Conseil de l’UE compte structurer le débat des ministres autour de trois questions : « Comment permettre aux agriculteurs de l’UE de continuer à fournir des denrées alimentaires tout en générant un revenu décent, de manière durable ? » ; « quelles sont les thématiques à retenir dans ce dialogue stratégique » ; et « quels sont les résultats attendus ? ». La date précise de lancement du dialogue et la liste des participants doivent encore être précisées par Bruxelles.

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- Loup mais aussi ours et lynx

La présidence belge du Conseil de l’UE hésite encore sur la manière d’aborder la proposition de la Commission européenne visant à adapter le statut de protection du loup pour permettre aux États membres d’avoir recours à des mesures de gestion des populations plus souples. Elle s’est montrée jusqu’à présent assez discrète sur le sujet, ne l’inscrivant pas parmi ses priorités. Un groupe de travail du Conseil Environnement va néanmoins commencer à étudier le dossier. Les ministres de l’Agriculture, eux, espèrent des avancées rapides. Lors de leur réunion à Bruxelles, la délégation finlandaise, soutenue par l’Autriche, la République tchèque, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Roumanie, la Slovaquie et la Suède présentera un document saluant « chaleureusement la proposition de la Commission ». Ces pays demandent même à la Commission européenne d’aller plus loin l’appelant à identifier les grandes populations de carnivores qui se trouvent dans un état de conservation favorable, permettant ainsi un statut de protection adapté en conséquence. Principales espèces visées : l’ours brun et le lynx.

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- Et aussi : viande cellulaire, eau et engrais

L’Autriche présentera un document insistant sur le rôle de la Pac dans la sauvegarde de la production alimentaire de haute qualité. L’occasion pour elle d’exprimer sa réticence envers la production de viande cellulaire. La République tchèque, de son côté, insistera sur la simplification de la Pac notamment par la mise en œuvre du système du suivi de surface.

Autres points à l’ordre du jour : à la demande du Portugal un échange aura lieu sur l’initiative sur la résilience en eau que prépare la Commission européenne, et les Pays-Bas insisteront une nouvelle fois sur l’intérêt des engrais Renure issus d’effluents d’élevage traités.

Nouveau ministre à Chypre, Marc Fesneau confirmé en France

Suite à un remaniement ministériel intervenu le 8 janvier, Maria Panayiotou a été nommée ministre de l’Agriculture et de l’Environnement de Chypre. Professeure d’histoire âgée de 41 ans, elle remplace Petros Xenophontos, qui occupait le poste depuis le 1er mars 2023. En France, Marc Fesneau a lui été confirmé à son poste de ministre de l’Agriculture dans le nouveau gouvernement du premier ministre Gabriel Attal.