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Coopération agricole Coop de France repart en campagne

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A la veille de son assemblée générale, Coop de France a fait le point sur ses principaux chantiers, marquant sa déception sur les «occasions manquées» de la Loi d’orientation (LOA) et les nouveaux espoirs suscités par le regroupement en cours de ses fédérations dans la «maison commune» de la Coopération.

Plus que déçu par la « pauvreté » du contenu final de la Loi d’orientation agricole, Coop de France met en évidence, à travers son assemblée annuelle, les rendez-vous manqués de ces derniers mois et la nécessité d’aborder de front les problèmes de secteurs en crise comme le vin, le lait ou la volaille. Sous l’effet de la mondialisation, qui figure dans l’intitulé de ses débats du 8 décembre, les coopératives comme les exploitants ont été très malmenés cette année dans ces filières, mais ce ne sont pas les seules.

Regroupement en pôles

En recevant la presse à l’approche de son assemblée générale, le porte-parole des coopératives agricoles, Philippe Mangin, a dit aussi comment il avait remis sur le chantier le projet de « maison commune » des organisations représentatives de la Coopération dans le courant 2005. A ce propos, il a reconnu que « le projet que nous avions présenté en 2003 s’est écroulé comme un château de cartes, car il avait été adopté à l’arraché et que tout le monde ne mettait pas la même chose derrière ». Avec une nouvelle équipe d’élus et un nouveau directeur général, et en se coulant volontiers dans le schéma proposé par la FFCAT, Coop de France va aller « plus loin » cette fois dans le processus de regroupement puisqu’il y aura des fusions entre fédérations spécialisées « dans le courant de l’année 2006 ». D’ores et déjà trois pôles sont à la base de la réorganisation, un pôle de fédérations du secteur animal et un pôle végétal, auquel s’ajouteront un pôle Cultures spécialisées et un pôle Entreprises « parce que l’agroalimentaire et l’agro-industrie » sont importants dans la Coopération et appellent un traitement « plus musclé ». Pour autant, la fédération des coopératives betteravières et la FNCL pour le lait ne semblent pas encore prêtes, a-t-il relevé.

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La LOA a manqué son but

Revenant sur sa déception après les débats qui se sont déroulés à l’Assemblée et au Sénat sur la LOA, le président Mangin a aussi plaidé un peu coupable en renvoyant au retard pris dans cette réorganisation de Coop de France : « Il nous fallait mieux faire comprendre le projet coopératif si l’on voulait obtenir mieux et ainsi les enjeux de la PAC et de l’OMC n’auraient pas été aussi absents de cette loi “trop franco-française” ». Au lieu de donner « une ambition pour renforcer notre secteur agroalimentaire », sans lequel, selon Ph. Mangin, « l’agriculture n’a aucune chance (« on importe toujours un peu plus et on exporte toujours un peu moins», a-t-il déploré), l’article 14 de la loi a manqué son but qui était l’organisation économique face à des marchés très dérégulés ». A force de chercher le point d’équilibre entre notre demande et les refus du négoce, le ministère a laissé au contraire affaiblir l’organisation des producteurs, puisque les députés ont exonéré l’élevage du dispositif et que les sénateurs en ont fait autant pour le vin. Cela coûtera cher, comme l’illustre déjà la crise de ces deux secteurs, estime Philippe Mangin.

En l’absence de mesures incitatives pour la contractualisation, les filières sont juste invitées à jouer un peu plus la carte des interprofessions, « ce qui va dans le bon sens », sans doute, et le président Mangin salue les quelques avancées obtenues pour la modernisation du statut des coopératives (article 16) même si l’entrée trop discrète du haut Conseil de la Coopération ne laisse pas une grande impression.