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Rencontre FNSEA-Matignon Crises agricoles : « La solidarité nationale doit jouer »

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La solidarité nationale doit jouer, a expliqué en substance Jean-Michel Lemétayer au Premier ministre Dominique de Villepin qui l’a reçu pendant plus d’une heure le 23 janvier. Le président de la FNSEA évoquait le traitement des crises agricoles : celle du secteur avicole, durement touché par la baisse de consommation suite aux menaces de grippe aviaire, mais également celle de la viticulture et de l’arboriculture. Le leader de la FNSEA souhaite « regarder de l’avant » après une année 2005 « très difficile ».

Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, est sorti plutôt confiant d’une heure d’entretien avec le Premier ministre le 23 janvier. À la veille d’une rencontre avec le président de la Commission européenne, à l’avant-veille d’un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture, Jean-Michel Lemétayer a paru écouté lorsqu’il a plaidé pour qu’intervienne « la solidarité nationale » à l’égard des agriculteurs. D’abord pour les producteurs avicoles, durement touchés par une baisse de consommation (-20 % sur les poulets entiers) provoquée par la menace de grippe aviaire. « Il n’est pas possible que les agriculteurs seuls subissent les conséquences de cette grippe », a estimé Jean Michel Lemétayer. Il a ajouté : « Le ministère de l’Agriculture a annoncé une première enveloppe de six millions d’euros mais si la consommation venait à être en réduction pendant plusieurs semaines, il est évident que ce plan serait notoirement insuffisant ».-

Plans d’accompagnement

Autres secteurs en crise, l’arboriculture et la viticulture pour lesquels la FNSEA souhaire un « plan d’accompagnement ». « C’est une question de vie ou de mort pour nombre de producteurs », a expliqué le président de la FNSEA. « La situation financière est telle que le gouvernement doit prendre plus en considération qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant la situation de l’arboriculture et de la viticulture », a souligné le président de la FNSEA. Au chapitre des bonnes nouvelles, il n’était pas impossible qu’un premier plan soit évoqué par le ministre de l’Agriculture lors de l’assemblée générale de la fédération des producteurs de fruits le vendredi 27 janvier. De fait, dans un communiqué diffusé après la réunion de Matignon, le Premier ministre annonçait avoir « souligné l’importance des stratégies nationales de développement pour la viticulture et l’arboriculture qui sont actuellement préparées par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche et qui seront rendues publiques avant fin mars 2006 ».

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La politique de développement rural

Le syndicat s’estime aussi « entendu » sur le nécessaire engagement du gouvernement sur la part nationale du financement de la politique de développement rural. Alors qu’un accord à la baisse a été trouvé à Bruxelles sur cette politique, il n’est pas impossible qu’au niveau français, les régions apportent aussi leur contribution, a expliqué le président de la FNSEA. L’essentiel est de sauver cette politique qui touche notamment les productions extensives en zone de montagne, espère Jean-Michel Lemétayer. Celui-ci a également appelé le gouvernement à rester « ferme» sur la question de l’OMC et de l’accès aux marchés alors que « le plus dur reste à venir».

PAC : « réussir la première année de réforme »

Enfin, au chapitre de la mise en place de la PAC, Jean-Michel Lemétayer a indiqué qu’il en parlerait plus spécifiquement avec Dominique Bussereau le 25 janvier. Un conseil fédéral de la FNSEA mi-janvier a permis de faire remonter les « problèmes du terrain ». « Tout le monde a intérêt à réussir cette 1ère année de réforme». « Il y aura des problèmes », prévient le leader syndical. « Ce qui est mal engagé est difficilement rattrapable», résume le président de la FNSEA qui insiste sur la nécessité de faire des clauses. « Tout DPU (droit à paiement unique) non activé est une perte de revenu pour la ferme France », a-t-il conclu. Autre sujet d’importance, la Sopexa. « On va vers une convention pérenne entre l’Etat et la Sopexa» assure Jean-Michel Lemétayer qui souhaite un accompagnement budgétaire de l’Etat.