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Crises alimentaires : un plan européen pour prévenir les pénuries

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Tirant les leçons de la pandémie de Covid-19, la Commission européenne a adopté un dispositif d’urgence en vue de garantir l’approvisionnement et la sécurité alimentaires en période de crise. Dans ce nouveau cadre basé sur une approche collaborative, plusieurs actions (améliorer la préparation en utilisant les données disponibles, recenser les risques et les vulnérabilités...) seront menées afin de renforcer la coordination de la chaîne alimentaire ente les secteurs public et privé dans l’UE.

À la suite de la pandémie de Covid-19, l’UE vient d’adopter le 12 novembre, comme annoncé dans la stratégie De la ferme à la table, un plan d’urgence visant à renforcer la coordination de la chaîne alimentaire à l’échelle européenne et ainsi éviter des pénuries alimentaires en temps de crise. À cette fin, la Commission européenne mettra en place à partir d’une approche collaborative, un mécanisme européen permanent de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire. Prévu pour le second trimestre 2022, il s’appuiera sur un groupe d’experts, composé de représentants des États membres et de certains pays tiers et d’acteurs de toutes les étapes de la chaîne alimentaire, et sur un ensemble de règles de procédures régissant son fonctionnement. Le groupe se réunira périodiquement (au moins une fois par an à partir du second trimestre 2022) et, en cas de crise menaçant l’approvisionnement et la sécurité alimentaires dans l’UE, dans des délais très courts et aussi souvent que nécessaire. En outre, la Commission a indiqué lors du Conseil agricole du 15 novembre, qu'elle allait demander aux États membres de nommer leurs autorités compétentes et lancer un appel à participation pour les organisations de parties prenantes.

Calendrier des principales actions

Entre la mi-2022 et 2024, cette structure aura pour principales missions d’améliorer la préparation en utilisant les données disponibles (notamment sur la météo, le climat, les marchés), de recenser les risques et les vulnérabilités, y compris les problèmes structurels, de la chaîne d’approvisionnement alimentaire de l’UE et de ses infrastructures critiques, notamment au moyen d’une étude spécifique (fin 2023). Elle élaborera également des tableaux de bord spécifiques pour la surveillance de l’approvisionnement et de la sécurité alimentaires (fin 2022) et mènera une étude sur le rôle des technologies de l’information afin d’améliorer la transparence du marché, en particulier en période de crise (fin 2024). Enfin, les experts feront des recommandations sur les moyens de renforcer la diversité des sources d’approvisionnement entre les chaînes d’approvisionnement alimentaire plus courtes et plus longues (au second trimestre 2023) ; sur des lignes directrices concernant la communication de crise sur l’approvisionnement et la sécurité alimentaires (second trimestre 2023) ou encore sur les moyens de faire face aux risques et aux vulnérabilités ou de les atténuer, y compris les problèmes structurels mettant en péril les chaînes d’approvisionnement alimentaire (second trimestre 2024).

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Pour le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski « ce plan d’urgence garantit l’état de préparation de l’UE et une coordination approfondie entre l’UE, les États membres et les secteurs public et privé afin d’éviter les décisions unilatérales et d’assurer une gestion de crise plus efficace ».

Le Copa-Cogeca salue le plan de Bruxelles

Le Copa-Cogeca a salué dans un communiqué publié le même jour, ce plan  et s’est dit prêt à collaborer et à apporter son expertise dans le cadre de cette initiative. L’organisation bruxelloise a notamment souligné qu’elle partageait l’analyse de Bruxelles sur la pertinence des mesures mises en place au niveau européen (par exemple, la fourniture de denrées alimentaires en tant qu’activité essentielle, les lignes directrices sur les voies vertes, les travailleurs transfrontaliers et saisonniers dans le secteur alimentaire en tant que travailleurs essentiels, le cadre temporaire sur les aides d’État) et la nécessité d’une coordination nationale et européenne pour réagir efficacement à des crises futures. En outre, elle assure que l’idée proposée par l’exécutif européen d’instaurer un mécanisme permanent de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire pour effectuer des analyses de risques et des tests de résistance, constitue une première réponse institutionnelle pertinente.