Il y a un aspect inclus dans l’analyse du revenu agricole qui passera peut-être inaperçu : le volume de la production agricole de 2010 est en baisse de 1,9%. Déjà, en 2009, elle avait stagné. Deux années de baisse de production… quelle est l’industrie qui pourrait se satisfaire d’une telle situation ? Avec des prix en hausse, ce qui est évidemment bienvenu pour le revenu des agriculteurs, cela implique que nos produits risquent de perdre de la compétitivité. Ou qu’en tout cas ils n’en gagnent pas. Cela implique aussi que bon nombre d’entre eux disparaissent des marchés mondiaux et européens.
Bien sûr, les phénomènes climatiques peuvent induire, pour des productions végétales essentiellement, des baisses de volumes produits. Mais cela n’explique pas que cette réduction soit générale. De plus, il eut mieux valu que le revenu agricole augmente grâce à l’augmentation des quantités produites, celles-ci compensant une baisse des prix. C’est à cette condition qu’on résiste à la concurrence ou qu’on gagne des parts de marché.
Le pari agricole français ne sera gagné que le jour où la Ferme France augmentera sa production, année après année. On a connu des secteurs industriels morts à petit feu par la baisse de production, sans trop de souffrance puisque les prix augmentaient.  On meurt en bonne santé, en somme. L’agriculture n’en est pas là, évidemment. Mais la baisse des quantités produites devrait alerter la nouvelle équipe à la tête de la FNSEA, de même que tous ceux qui ont un rôle à jouer sur la compétitivité. Le prochain rapport de la FNSEA porte le titre : « Inscrire nos exploitations dans le cadre de la croissance durable ». Encore faut-il qu’il y ait croissance.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

production agricole
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre