L’État et la Nouvelle-Aquitaine ont débloqué le 1er mars respectivement 30 M€ et 10 M€ pour « réorienter les exploitations viticoles » en crise. Ces aides doivent être complétées par le CIVB à hauteur de 19 M€.
Etalée sur deux ans, la part de l’État pour cet arrachage « sanitaire » représente « dès à présent 30 M€ avec l’objectif d’aller à 38-40 M€ », a déclaré Marc Fesneau, lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture. Une enveloppe qui s’inscrit dans le plan de sortie de crise conçu par la Nouvelle-Aquitaine avec le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Elle doit être complétée à hauteur de 19 M€ par le CIVB, lors d’un vote programmé le 11 avril en assemblée générale. Le conseil régional prévoit quant à lui de dépenser 10 M€ minimum sur deux-trois ans, selon le président Alain Rousset. Il s’agit d’accompagner « au moins 300 viticulteurs », avec une aide moyenne de 25 000 à 35 000 € par exploitation, précise un communiqué. Cette enveloppe régionale pourra être complétée, « dans un second temps », par les fonds européens du Feader afin de « massifier le dispositif ». Les projets de « réorientation » via l’arrachage doivent respecter la feuille route régionale Néo Terra visant à « accélérer la transition écologique et énergétique ». En clair, être « adaptés au changement climatique, hydroéconomes, et économes en intrants. Exemples : plantation d’oliviers, de noisetiers, élevage bovin… » Ces aides publiques à l’arrachage « sanitaire » concernent environ 6 000 ha en Gironde, à hauteur de 6 000 €/ha, pour lutter contre la flavescence dorée. Le financement du CIVB portera sur quelque 3 000 ha supplémentaires.
Prêts relais bonifiés
Le 6 février, Marc Fesneau s’était engagé sur des mesures concernant la distillation, l’arrachage, le PGE (prêt garanti par l’État). 160 M€ ont été débloqués pour la distillation : 80 M€ de crédits nationaux, 80 M€ issus du Feaga (fonds européens). Concernant le PGE, une task force s’est mise en place au ministère de l’Agriculture pour faciliter l’accès au dispositif, prolongé jusqu’à la fin 2023. Aucun échelonnement n’étant possible, ses services envisagent aujourd’hui des prêts relais bonifiés, selon le Cniv (interprofession). Le ministère de l’Agriculture évoquait « des pistes à l’étude » sur des mesures structurelles, autour notamment d’une mobilisation du Feader pour la diversification agricole, cofinancée par l’État aux côtés des Régions. Mais aussi du FMSE (fonds national de mutualisation) pour l’arrachage sanitaire.
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L’idée est de « se remettre en adéquation avec les capacités de commercialisation », a expliqué le 1er mars Allan Sichel, président du CIVB. Dans le Bordelais, la filière souffre particulièrement de la baisse de consommation de vin, aussi d’un fort rétrécissement du marché chinois. « On se projette dans une reconquête à l’export », a-t-il cependant affirmé.