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De la ferme à la table : le Parlement européen finalise sa position

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Les eurodéputés des commissions de l’environnement et de l’Agriculture devaient adopter le 10 septembre leur position sur les propositions de la stratégie De la ferme à la table. À la veille du vote, les organisations professionnelles de l’UE ont mis en garde contre des mesures « déconnectées des réalités ».

Les commissions de l’Environnement et de l’Agriculture du Parlement européen devaient adopter les 9 et 10 septembre leur projet de rapport sur la stratégie De la Ferme à la table préparé conjointement par la Néerlandaise Anja Hazekamp (Gauche) pour la Comenvi et l’Italien Herbert Dorfmann (Démocrates-chrétiens) pour la Comagri. Sur la base des quelque 2 300 amendements qui avaient été déposés, 48 projets de compromis (tenant en 87 pages) ont pu être dégagés. Mais l’issue du vote restait incertaine. Les amendements au rapport devaient être votés le 9 septembre puis, les députés des deux commissions devaient approuver leur rapport conjoint le lendemain avant de l’envoyer en plénière pour un vote final prévu début octobre. Ce texte ne sera qu’une résolution sans portée législative réelle. Mais il constituera un signal pour la Commission européenne quand elle va devoir mettre en musique ses propositions.

Selon la disponibilité d’alternatives efficaces

Les amendements de compromis soulignent notamment l’importance des évaluations d’impact qui devront couvrir les trois dimensions de la durabilité (environnementale, économique et sociale, y compris la santé). Les eurodéputés estiment que les objectifs de réduction des engrais et de la résistance aux antimicrobiens « dépendent de la disponibilité d’alternatives plus sûres, efficaces et efficientes ». De même en ce qui concerne les pesticides, ils soulignent le rôle clé de la lutte intégrée contre les ravageurs dans la réduction de la dépendance aux produits phytosanitaires. Pour l’eurodéputé centriste Jérémy Decerle, ces compromis semblent équilibrés et sur la question sensible des pesticides il n’a pas l’impression « qu’il y ait un gros risque » avec la formulation choisie.

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Pourtant, à quelques jours de l’examen de ce texte en commission, vingt-six organisations agricoles européennes (Copa-Cogeca, Coceral, Fefac…) se sont inquiétées dans une déclaration commune de propositions supplémentaires des eurodéputés « déconnectées des réalités du secteur agroalimentaire ». Elles appellent donc à voter clairement contre les amendements de compromis les plus néfastes du projet, notamment ceux concernant les pesticides. « Si l’UE veut que nous réussissions, elle devra nous soutenir avec un cadre politique pragmatique basé sur des objectifs réalistes et cohérents avec sa politique commerciale, préserver des conditions de concurrence équitables avec les importations et fournir l’aide nécessaire à une transition durable », écrivent-elles. Ce dernier point est aussi la priorité du ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie qui prendra la présidence du Conseil des ministres de l’UE au premier semestre 2022. « L’une des lacunes du Green deal européen est d’être trop fortement lié à la Pac et pas assez à la politique commerciale », a-t-il indiqué en marge de la réunion informelle des ministres des Vingt-sept le 7 septembre en Slovénie. Il espère en particulier trouver un consensus au niveau européen sur la question des clauses miroirs.