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Débat de filière au Brésil autour des antibios

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En juin, les exportateurs de bœuf et de poulet ont demandé au gouvernement brésilien d’étendre la liste des antibiotiques interdits comme facteurs de croissance. Une généralisation à laquelle s’oppose la CNA (syndicat d’agriculteurs).

Interdire les antibiotiques facteurs de croissance pour l’export seul ou pour tous ? La question agite les filières animales brésiliennes ces derniers mois, alors que l’utilisation de ces substances est dans le viseur de l’UE. En juin, les industriels exportateurs de l’ABPA (poulet) et de l’Abiec (viande bovine) ont demandé au gouvernement d’étendre la liste des antimicrobiens interdits comme additifs dans l’alimentation animale. Les fédérations proposent de retirer quatre molécules : la salinomycine, la narasine, la lasalocide, mais surtout la monensine sodique, la plus utilisée en élevage. Une interdiction que les industriels veulent voir appliquée à l’ensemble des éleveurs brésiliens, au-delà des seules filières sans antibiotique actuellement en construction.

Selon le média spécialisé Canal Rural, « avec l’adoption de ces mesures strictes dans l’élevage bovin, le secteur espère fournir davantage d’arguments au gouvernement fédéral pour lever le veto » de Bruxelles sur la viande brésilienne. Car, faute de pouvoir prouver la non-utilisation d’antimicrobiens comme facteurs de croissance, le premier exportateur mondial a été exclu le 3 septembre de la liste des pays habilités à envoyer leur viande en UE.

Gestes de bonne volonté

De son côté, la CNA, principal syndicat agricole, refuse de généraliser l’interdiction des antimicrobiens facteurs de croissance. « Au lieu de s’asseoir avec le producteur pour discuter des primes et des bonus versés pour ce " bœuf Europe " (filière sans antibiotique, NDLR), ainsi que de la manière d’intégrer davantage d’exploitations au protocole (d’exportation, NDLR), l’industrie a demandé l’interdiction de la molécule », explique João Paulo Franco, coordinateur de la production animale à la CNA. « Et, au final, c’est le producteur qui doit en payer le prix », déplore-t-il auprès du média Globo Rural. Son organisation estime aussi que l’UE ne réclame pas l’interdiction de ces produits.

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sans antibiotiques
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Au printemps, le gouvernement fédéral brésilien avait déjà pris trois arrêtés pour interdire cinq additifs antimicrobiens dans l’alimentation animale (avoparcine, virginiamycine, bacitracine, bacitracine de zinc et bacitracine méthylène disalicylate). Il ne s’agit pas des premières interdictions. Quelques mois plus tôt, en 2024, Brasília signait une déclaration politique de l’Organisation mondiale de santé animale (Omsa) contre l’antibiorésistance. Autant de gestes de bonne volonté qui n’ont pas suffi à maintenir ouvert le marché européen.

YG

« Au final, c’est le producteur qui doit en payer le prix »