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Début de campagne « chaotique » pour le melon

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La météo erratique cette année perturbe fortement le melon français : en production avec des retards de récolte, et avec une consommation qui est demeurée atone jusqu’à récemment.

Au 1er juillet, la production française de melons est estimée à 280 500 tonnes pour la campagne 2024, indique une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 31 juillet. En comparaison de la campagne 2023, la production de la campagne 2024 a été fortement déficitaire sur le printemps et jusqu’à mi-juillet. « On pourrait qualifier la campagne de chaotique. Les pluies, qui ont perduré jusqu’à fin juin, ont perturbé les plantations puis la pollinisation au printemps. Cette situation se paie sur la campagne avec des retards de récolte en juin », confirme Rémi Javernaud, animateur AMI (Association interprofessionnelles du melon) à Agra Presse. En conséquence, la campagne 2024 est particulièrement atypique et le pic de production n’intervient qu’après mi-juillet, selon Agreste.

Des surfaces en recul

Les surfaces nationales implantées en melon pour la campagne 2024 s’établiraient à 12 518 hectares. Elles diminueraient de 2 % sur un an et seraient inférieures de 3 % à la moyenne 2019-2023. La diminution sur un an serait en grande partie imputable à une baisse de 4 % des surfaces cultivées en plein air dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, celle par rapport à la moyenne quinquennale résulterait essentiellement d’une baisse de 15 % dans le bassin Centre-Ouest, avec un niveau de surfaces plus élevé avant 2022.

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Malgré une offre réduite en début de campagne, le marché a été peu actif, la météo ayant découragé la consommation. « En juin, les prix ont été supérieurs de 7 % à ceux de la campagne précédente et de 8 % à ceux de la moyenne quinquennale », souligne Agreste. « Météo-sensible en production, le melon l’est aussi en consommation », rappelle Rémi Javernaud Les conditions climatiques n’ont pas été propices aux achats, rendant difficile la commercialisation. Celle-ci a aussi connu des sorties irrégulières sur un marché de consommation lissé sur la campagne ». En tout cas, cette année, la concurrence espagnole n’est pas en cause : la récolte en Espagne est en recul par rapport à 2023 (depuis quatre ans, les surfaces sont en baisse régulière de l’autre côté des Pyrénées). Quant à l’origine Maroc, venant avant la production française dans le calendrier, elle n’est pas concurrente. L’animateur de l’AMI note que « depuis la semaine dernière, avec les chaleurs retrouvées, on note une amélioration des conditions de marché et le début de dynamique positive. Mais, il reste encore deux mois de campagne et les producteurs n’ont aucune visibilité au-delà de deux semaines. La prudence demeure de mise ».

Les surfaces reculeraient de 2 % sur un an