La première usine en France de substituts végétaux de viande est entrée en production à la mi-septembre, à l’initiative de la start-up française « Les nouveaux fermiers », soutenue par des investisseurs de la foodtech, le fonds d’investissement de Xavier Niel et la BPI, indique un communiqué le 21 septembre. Produisant quelque six tonnes par jour de " steaks ", " nuggets", et " aiguillettes " réalisés respectivement à partir de protéines de blé, pois jaune et soja, l’unité de production est une « première en France », ont indiqué les deux fondateurs Guillaume Dubois et Cédric Meston à l’AFP. Sa capacité de production va passer à 10 tonnes dans les prochains mois. En Europe, ce type de produits est confectionné jusqu’à présent aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en République tchèque et en Espagne. Les deux entrepreneurs avaient levé 3 M€ début 2020. La BPI a aussi soutenu le programme d’innovation et industrialisation de la société. Les nouveaux fermiers emploient quinze personnes. La société vise un chiffre d’affaires de 5 M€ en 2021 et le recrutement de plus de cent personnes d’ici fin 2022, après un nouvel appel de fonds prévu fin 2020 ou début 2021. Pour l’approvisionnement, ils anticipent d’acheter 100 % français d’ici douze mois.
« La présence dans ce projet du fonds d’investissement de M. Xavier Niel nous interpelle », ont réagi la FNSEA, ses associations spécialisées animales, et les JA dans un communiqué le 23 septembre. Aux côtés de deux autres patrons du Net, le fondateur de Free est un des initiateurs du Référendum d’initiative populaire (RIP) « pour les animaux », lancé le 2 juillet et soutenu par plus de 766 000 signataires et 141 parlementaires. « D’un côté, [Xavier Niel] prône l’arrêt de l’élevage (sic). De l’autre, il se positionne sur un marché nouveau qui serait bien aidé par la fin de l’élevage. Ce mélange des genres est terriblement gênant pour notre démocratie », dénoncent les syndicats. Parmi les six propositions du RIP figure la fin de l’élevage en cage et celle de l’élevage intensif (mais pas la fin de l’élevage). Répondant à une accusation similaire le 7 septembre dans l’émission Le Quotidien, Xavier Niel avait déclaré : « On m’a reproché de financer une start-up de viande cellulaire. Je finance une centaine de start-up par an ». Et d’ironiser : « Je finance une start-up de trains de nuit ; donc je dois revenir vous voir pour l’interdiction d’Air France ? »
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La FNSEA dénonce le « mélange des genres » de Xavier Niel