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Derrière la coriandre bio, le risque d’autres effets d’aubaine

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Le fort développement des surfaces de coriandre bio en Occitanie avait obligé la préfecture à plafonner les aides - une mesure qui pourrait être assouplie pour les jeunes. La Fnab alerte: d’autres espèces pourraient faire l’objet de « démarches opportunistes ».

Dans un communiqué du 20 septembre, le préfet de la région Occitanie annonce qu’il « relèvera prochainement le plafond des demandes de surfaces de coriandre en conversion à l’agriculture biologique » mais uniquement pour les jeunes agriculteurs. Il passera à neuf hectares contre trois hectares comme il avait été prévu par un arrêté du 18 août. La décision avait été prise après la multiplication par sept des surfaces en Occitanie en un an, explosant le montant des demandes d’aides à la conversion. Le plafond reste inchangé pour toutes les autres exploitations. Les DDT prendront contact avec les exploitants pour identifier les parcelles qu’ils désirent maintenir en conversion. « Les autres ne pourront être engagées en 2024. Il n’est pas possible à ce stade de modifier les déclarations PAC les concernant en invoquant le droit à l’erreur », avertit le préfet. Les surfaces pourront être déclarées à compter de 2025.

L’annonce n’a pas contenté la chambre d’agriculture du Gers, le département le plus concerné : « La situation reste très insatisfaisante. On est en train de préparer avec nos avocats un recours contentieux » , a déclaré à l’AFP, son président Bernard Malabirade. Même son de cloche du côté de la Coordination rurale dont le responsable gersois, Lionel Candelon, a précisé : « Il faut payer 2024, l’État n’avait qu’à se réveiller avant, ils ont qu’à trouver le budget. »

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D’autres espèces à risque d’effet d’aubaine

La coriandre pourrait être la plante qui cache la forêt, selon la Fnab (agriculteurs bio) : dans son communiqué du 19 septembre, elle indique que d’autres PPAM (plantes à parfum, aromatiques et médicinales) pourraient faire l’objet d’un même effet d’aubaine : aneth, anis vert, carvi, cumin, fenouil, persil, angélique, chardon marie, livèche, plantain psyllium, psyllium noir de Provence. Autant de cultures qui se caractérisent par « des itinéraires suffisamment simples et mécanisés pour être semés sur des grandes surfaces sans intention de récolte ». Pour agir, la Fnab préconise de modifier la déclinaison française de la Pac. D’une part, en plafonnant les surfaces qui pourront toucher l’aide (« cette mesure pouvant s’appliquer dès 2024 »). D’autre part, en baissant le montant de la rémunération pour les PPAM à risque de contournement, dès 2025, selon la fédération. Pour la Fnab, « il est urgent de mettre fin à l’hémorragie des détournements des aides à la conversion bio » pour les PPAM. Dans le cas de la coriandre bio, « l’analyse des fermes ayant demandé l’aide dans cette région montre bien qu’il s’agit majoritairement d’une démarche opportuniste d’agriculteurs conventionnels et non d’une démarche de transition vers la bio réelle et durable ».

Aneth, anis vert, carvi, cumin, fenouil, persil, angélique...