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Bouches-du-Rhône Des agriculteurs bloquent les accès au port de Fos-sur-Mer

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Près de 400 agriculteurs des Bouches-du-Rhône ont bloqué le 26 novembre des accès au port de Fos-sur-Mer, pour attirer l'attention sur la crise dont ils souffrent et demander « des réponses » du gouvernement. Une entrevue au ministère de l'Agriculture a été obtenue le 5 décembre.

« Il y a une crise dans pas mal de productions agricoles du département », a déclaré le président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône Serge Mistral, citant notamment la production ovine qui souffre selon lui de la présence de « plus en plus de loups » ou les fruits et légumes, qui pâtissent de l'embargo et pour lesquels « il n'y a aucune compensation financière ». Les problèmes sont différents selon les filières mais le sentiment général est que « les particularités locales, le climat, l'environnement, la culture ne sont pas pris en compte », a-t-il dit le 26 novembre sur les lieux du « siège » de Fos-sur-Mer. « Les mesures européennes sont faites pour la Belgique, l'Allemagne ou le nord de la France. On ignore nos particularités. »

Plusieurs représentants de la riziculture camarguaise et des producteurs d'ovins de la Crau souhaitent mobiliser autour des enjeux environnementaux que représentent leurs activités. « Il n'y a pas un seul pays qui ne subventionne pas la riziculture, mais M. Le Foll nous a dit que nous n'aurions plus d'aides couplées », a indiqué Bernard Mazel, le président du Syndicat des riziculteurs de France et filière (SRFF). Le représentant, qui affirme avoir rencontré quatre fois le ministre sur ce dossier, déplore que ces aides, qui représentaient quelque 8 M d'euros à partager entre les 230 riziculteurs camarguais, aient été supprimées dans la nouvelle Pac.

Productions en berne

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Christophe Mandrolini, un jeune riziculteur, affirme qu'il a dû se résoudre à abandonner le riz sur la moitié des 100 ha qu'il exploite : « En deux ans, on est passé en Camargue de 20 000 ha de riz à environ 10 000 ». Pour lui, cette baisse est une aberration environnementale et économique. L'irrigation des rizières à l'eau douce permet de limiter la salinité des sols. Par ailleurs, les rendements en cultures céréalières de remplacement « sont deux fois moins importants » qu'ailleurs en France, souligne le jeune exploitant.

Patrick Laugier, président de l'association des éleveurs des taureaux de combat, évoque la complémentarité des productions. Sans l'eau douce des riziculteurs, il n'y aurait plus de prairie pour ses taureaux. Il peste contre la suppression annoncée de la prime à la vache allaitante qui mettra irrémédiablement un terme à son métier, où les marges sont faibles, dit-il.

Les barrages sur le port ont été levés le 27 novembre matin, en contrepartie d'une réunion le 5 décembre, au ministère de l'Agriculture, avec un conseiller du Premier ministre. Selon Bertrand Mazel, président du Syndicat des riziculteurs de France et filière (SRFF), très peu de dossiers ont avancé la veille au soir lors des négociations avec la préfecture.