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Des algues invasives utilisées comme alternatives aux pesticides en viticulture

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Pour tester leurs propriétés, les chercheurs du projet Seawines ont récolté des algues invasives sur les côtes espagnoles Crédits : © Seawines

A la recherche de stratégies écologiques, des chercheurs réunis au sein du projet Seawines ont réussi à valoriser des extraits d'algue invasives dans le traitement de la vigne. Ces recherches pourraient offrir un débouché à ces tonnes d’algues envahissantes tout en limitant l’utilisation de pesticides chimiques.

Le projet Seawines, porté par l’Université du Pays Basque (UPV/EHU) et l’Ifapa (1) qui travaille sur l'utilisation d'algues envahissantes, a été lancé l’an dernier pour une durée totale de 3 ans, dans le cadre de la recherche de solutions alternatives aux pesticides dans la viticulture. « L'utilisation d'algues dans l'agriculture est devenue de plus en plus courante ces dernières années, car il a été démontré qu'elle profite aux cultures dans des domaines tels que la germination des graines, la croissance et la santé des plantes, l'absorption d'eau et de nutriments », est-il précisé dans le communiqué de l’Université diffusé le mois dernier.

Dans le cadre de ce projet Seawines, les chercheurs se sont donc penchés sur deux espèces d’algues : Rugulopteryx okamurae, une algue brune envahissante originaire d'Asie et très présente sur les côtes méditerranéennes, et Ulva ohnoi, afin d’étudier leurs effets biostimulants et fongicides comme alternative aux traitements chimiques. « Notre engagement a été de tester la capacité de certains extraits de ces algues à activer les mécanismes de défense des plantes, en alternative aux pesticides, afin que la plante soit plus forte lorsqu'elle est attaquée par un champignon pathogène », explique Iratxe Zarraonaindia-Martínez, chercheuse associée dans le département de génétique, d'anthropologie physique et de physiologie animale de l’UPV-EHU. Les résultats de ces recherches ont été publiés dans la revue Frontiers in Plant Science le 24 février 2023.

Des tests sous serres encourageants

Pour cette première phase du projet, les recherches ont été menées dans des serres en conditions contrôlées sur la variété de vignes Tempranillo, dont les feuilles ont été imprégnées de divers extraits d'algues d'Ulva et de Rugulopteryx, avant d’être analysées. « Les résultats les plus positifs ont été obtenus avec l'un des extraits produits à partir de l'algue invasive Rugulopteryx okamurae, explique la chercheuse. Après traitement avec cet extrait, il y avait une augmentation de l'expression des gènes résistants et de l'activité des enzymes antioxydantes de la plante. Dans le microbiote à la surface des feuilles, nous avons également vu que certains champignons qui aident la plante dans le contrôle biologique sont plus abondants sur les plantes qui ont reçu l'extrait de Rugulopteryx. »

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Des expériences sur le terrain ont déjà été lancées pour confirmer les résultats obtenus en serre. « Nous testerons les extraits d'algues Rugulopteryx dans les vignobles de Jerez et de La Rioja dans les conditions locales, a expliqué Iratxe Zarraonaindia-Martínez. Nous surveillerons également leur impact à travers les étapes de la vinification pour voir l'effet de ces traitements sur la qualité du raisin et du vin, ainsi que sur l'effet biostimulant et antifongique qu'ils produisent. »

(1) 1 Instituto Andaluz de Investigación y Formación Agraria, Pesquera, Alimentaria y de la Producción Ecológica