Trois agriculteurs ont présenté leur expérience de travail en faveur de la biodiversité, avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO), au cours du colloque « Comment les agriculteurs peuvent-ils améliorer la biodiversité de leur exploitation ? », organisé le 22 novembre à Paris. Si des améliorations notables sont possibles, des freins restent à lever, financiers notamment.
La LPO a pris l’initiative en 2004 de travailler avec des réseaux d’agriculteurs – en l’occurence les Civam, la Fnab et Farre – pour faire une promotion concrète et réaliste de la biodiversité.
Trois agriculteurs ayant des activités agricoles différentes (élevage, grandes cultures, polyculture élevage) dans des régions différentes (Allier, Vienne et Marne) ont accepté de travailler avec la LPO pour améliorer leur pratiques en vue de maintenir ou améliorer la biodiversité et sont venus présenter le travail réalisé en commun.
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Dans un premier temps, la LPO a organisé des journées d’information pour les agriculteurs puis des représentants de l’association se sont rendus chez les agriculteurs pour réaliser avec ces derniers un diagnostic de leur exploitation sur le plan de la biodiversité et enfin, la LPO a formulé des propositions pour améliorer la situation de l’exploitation.
Bandes refuges
Si le soutien de de LPO est apprécié des agriculteurs, les propositions sont parfois difficiles à mettre en œuvre pour des raisons économiques, techniques, psychologiques… Il s’agissait par exemple de créer des bandes refuges de 3 m ou 6 m en bordure de parcelle, de mettre en place des corridors pour la faune sous forme de haies (avec un prolongement sur une propriété voisine si cela est possible), de ne pas broyer les cultures de jachères en été pour ne pas détruire les nids et les animaux, de créer des mares pour favoriser la vie des insectes, amphibiens et oiseaux… L’expérience présentée, motivante pour les agriculteurs, a mis en évidence des freins au changemement : l’opposition des voisins, l’avis des propriétaires du terrain pour les terres louées, la législation qui s’opposer à certains aménagements, les pertes de récolte sur les zones aménagées (mares, bandes refuge…) et le refus de Bruxelles de verser des aides Pac pour ces zones (double perte financière), le manque d’aides pour planter et entretenir les haies… Les soutiens financiers pour ce type d’action peuvent relever du Plan de développement rural hexagonal (PDRH) mais les fonds du deuxième pilier de la Pac sont trop faibles pour financer toutes les actions prévues. La nécessité d’un rééquilibrage des aides Pac entre premier et deuxième pilier a été évoqué par les participants.