L’association 60 Millions de consommateurs a dévoilé le 24 août une série d’analyses portant sur la présence et l’étiquetage des nanoparticules dans les produits alimentaires, en particulier du dioxyde de titane sous forme nanoparticulaire dans les bonbons et gâteaux. La DGCCRF annonce le lancement de contrôles novateurs pour ces substances.
Il ressort de cette étude que l’ensemble des 18 produits testés contient du dioxyde de titane sous forme nanoparticulaire dans des proportions qui dépassent la simple trace : 12 à 100 % de la quantité totale de dioxyde de titane présente dans le produit. Et aucun de ces produits n’affichait la présence de nanoparticules dans son étiquetage. Pourtant la réglementation impose un étiquetage de ces molécules depuis 2014. Mais la réglementation laisserait place à une forme de flou, estime l’association, permettant aux industriels de ne pas étiqueter la présence de nanoparticules, par exemple lorsque ces particules ne sont pas des « nanoparticules manufacturées » (1), concept que dénonce 60 Millions de consommateurs.
Le dioxyde de titane (E171) est un colorant fréquemment utilisé dans les aliments sous sa forme microparticulaire. Au-delà de l’étiquetage, 60 Millions de consommateurs précise qu’elle n’est pas en mesure de savoir si les industriels utilisent intentionnellement ces produits, ou s’ils ne contrôlent pas assez le contenu des additifs qu’ils achètent.
Des contrôles novateurs de la DGCCRF
En réaction à l’étude de 60 Millions de consommateurs, les services de la DGCCRF ont annoncé qu’elles venaient de mettre au point « un ensemble de méthodes d’analyse fiables pour contrôler la présence de ces substances dans les denrées alimentaires et non-alimentaires », annoncent plusieurs ministères, dont l’Agriculture et Bercy, dans un communiqué commun. Bercy annonce que « des premiers contrôles ont ainsi déjà pu être menés et ceux-ci vont se poursuivre de manière intensive au second semestre » et que « ces contrôles étant novateurs en Europe, leurs résultats seront présentés au niveau communautaire pour permettre, le cas échéant, de préciser et clarifier la réglementation applicable ». La DGCCRF devrait présenter ses résultats lors des États généraux.
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60 Millions de consommateurs recommande d’éviter le E171
Lors de sa conférence de presse, 60 Millions de consommateurs s’interrogeait à raison : est-il normal d’avoir laissé circuler des substances que les pouvoirs publics n’étaient pas capables de contrôler ? D’autant que l’association rappelle qu’aujourd’hui, si l’innocuité d’une molécule est testée à l’échelle micrométrique, la version nanométrique est autorisée de fait, bien que ses propriétés puissent être différentes.
Dans l’attente de réponse de ces industriels et des autorités de santé, 60 Millions de consommateurs recommande de ne pas consommer de produits contenant du E171. D’autant que dans le cas particulier du E171, une étude de l’Inra dévoilée en 2017 a déjà mis en évidence un effet promoteur de lésions précancereuses chez des rats exposés de cet additif à des doses proches de l’exposition alimentaire chez l’humain. Les produits testés comprenaient entre 10 et 40 % de nanoparticules. L’Anses doit rendre prochainement un avis sur cette substance, qui doit alimenter la future réévaluation à l’échelle européenne.
1) Définition de l’Inco (information du consommateur) : « matériau produit intentionnellement présentant une ou plusieurs dimensions de l’ordre de 100 nm ou moins »