Dans son rapport sur les marchés agricoles mondiaux à l'horizon 2024, le département américain à l'agriculture prévoit, après un tassement en 2015 et 2016 lié à l'abondance de production, que les prix des matière premières agricoles vont repartir à la hausse. La demande en viande dans les pays en développement et la production de biocarburants seront les principaux moteurs de la consommation.
D'ici 2024, la demande mondiale de produits agricoles, et en particulier de viande dans les pays en développement, va augmenter plus vite que la production, ce qui entraînera une augmentation des échanges de viande et d'aliments pour animaux, en particulier de céréales et d'oléagineux, prévoit le département américain à l'agriculture (USDA) dans ses projections à long terme publiées le 12 février. Selon ce rapport, la consommation mondiale d'oléagineux devrait augmenter de 21% au cours des 10 prochaines années, celles de viandes et céréales secondaires de 15%, et celles de blé et de riz de 8%. Les pays en développement représentent environ 81% de l'augmentation prévue de la consommation mondiale de viande, 87% de l'augmentation de la demande en céréales et oléagineux.
À court terme, en 2015 et 2016, le secteur agricole va dans un premier temps devoir s'adapter à la baisse des prix de la plupart des produits agricoles. Pour les cultures, cette baisse des prix devrait se traduire par une réduction des surfaces plantées. Tandis que dans le secteur de l'élevage, les coûts d'alimentation plus faibles vont inciter à l'augmentation du cheptel. Mais à moyen terme la croissance de l'économie mondiale soutenue par la demande croissante en matières premières, notamment pour la production de biocarburants dans les pays développés, et de viande dans les économies émergentes, tirera les prix à la hausse à partir de 2017.
Forte demande de volaille
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La progression mondiale de la production de biocarburants, qui restera un des moteurs importants de la demande mondiale, devrait se poursuivre au cours de la prochaine décennie, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des cinq dernières années. Globalement, la superficie totale plantée en céréales, oléagineux et coton devrait augmenter avec un taux annuel moyen de 0,5%, entre 2015 et 2024, passant de 934 à 982 millions d'hectares. Mais la croissance des rendements mondiaux moyens qui a ralenti depuis une vingtaine d'années devrait encore être freinée dans les dix ans à venir. La baisse des financements publics à la recherche et développement depuis 25 ans est la principale explication, estime l'USDA. Mais sont également citées la demande croissante pour des variétés de céréales de meilleure qualité, généralement moins productives, et les contraintes environnementales comme le manque d'eau pour l'irrigation.
La consommation mondiale de viande devrait, elle aussi, continuer à augmenter (+1,6% par an entre 2015 et 2024) en particulier celle de volaille (+2,2% par an) qui devrait progresser plus rapidement que celles de bœuf (+1,3%) et de porc (+1,2%), du fait de la hausse des revenus et de la population dans les pays en développement. Les exportations de viande des principaux producteurs de la planète devraient donc enregistrer une hausse de 2,2% par an : +2,7% pour la viande bovine, +1,6% pour la viande porcine et +2,2% pour la volaille. En dix ans, la hausse devrait donc s'élever à 2,2 millions de tonnes pour la viande bovine, 1,1 Mt pour le porc, et 2,2 Mt pour les volailles.