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Des protéines utiles extraites des drêches de brasserie

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Les chercheurs du NTU présentent des drêches de brasserie (à gauche), la poudre de protéines une fois extraite (au milieu) et un échantillon de crème hydratante formulée avec les protéines (à droite). Crédits : © NTU

Des chercheurs de Singapour ont mis au point un nouveau procédé pour extraire plus de 80% des protéines présentes dans les drêches de brasserie. Cela pourrait ouvrir un nouveau débouché dans l’alimentation humaine et la cosmétique pour un coproduit jusque-là peu valorisé. 

Les drêches de brasserie sont l’ensemble des résidus solides de l’orge maltée après le brassage de la bière. C'est le sous-produit le plus important de l'industrie brassicole, représentant 85% du total des déchets. Aujourd’hui, elles sont souvent incinérées ou utilisées pour nourrir le bétail. 

Dans un effort pour leur trouver de nouvelles applications, des chercheurs de l'université de technologie de Nanyang (NTU) à Singapour ont voulu tester une nouvelle méthode d’extraction de protéines moins polluante. Le projet était mené par William Chen, directeur du programme Science et technologie des aliments du NTU. Les résultats ont été publiés en janvier 2024 dans la revue scientifique Innovative Food Science and Emerging Technologies. 

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Pour extraire les protéines de la drêche, les chercheurs l'ont d'abord stérilisée avant d'utiliser Rhizopus oligosporus, un champignon couramment utilisé pour fermenter le soja en Asie du Sud-Est. Ce processus de fermentation rend les protéines plus faciles à extraire. La drêche fermentée est ensuite séchée, broyée en poudre, tamisée et centrifugée pour séparer la protéine. Une fois extraite, cette dernière peut être ajoutée aux aliments végétaux pour augmenter leur teneur en protéines ou bien combinée avec des crèmes ou lotions pour renforcer leurs propriétés hydratantes et antioxydantes. 

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Débouchés vers les IAA et la cosmétique

Dans leurs conclusions, les chercheurs de la NTU notent que les protéines extraites se sont révélées riches en antioxydants, qui pourraient non seulement protéger la peau humaine des polluants, mais aussi prolonger la durée de conservation des produits cosmétiques comme les lotions pour le corps et les crèmes hydratantes. De plus, les protéines de drêches de brasserie sont « sans danger pour la consommation humaine et de haute qualité », ce qui les rend adaptées à une utilisation directe dans les suppléments et pour améliorer la teneur en protéines des aliments à végétaux, explique le communiqué de la NTU. La technique utilisée contribuerait également à « réduire les déchets et l’émission de dioxyde de carbone ». 

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« Notre étude présente des moyens d'ajouter de la valeur à l'élimination des drêches des brasseries, tout en enrichissant la chaîne d'approvisionnement alimentaire mondiale », note William Chen. « Démontrer que les protéines des drêches de brasserie pourraient être extraites et canalisées avec succès dans des suppléments et enrichir les protéines végétales pour les rendre plus attrayantes pour le consommateur répond à deux points de pression mondiaux : le gaspillage alimentaire et la pénurie alimentaire. »

D’après les auteurs de l’étude, environ 36,4 millions de tonnes de drêches sont produites chaque année dans le monde. Le procédé qu’ils ont mis au point pourrait permettre de leur assurer de nouveaux débouchés plus rentables.