La France est en train de construire la position qu’elle devrait adopter à l’occasion du bilan de santé de la Pac. Le profil général de cette position commence à être connu : définir les grandes lignes de la Pac d’après 2013 dès l’an prochain ; garder le maximum de moyens au sein du premier pilier de la Pac ; faire adopter un système de gestion anti-crise reposant notamment sur une assurance récolte, plus ou moins prise en charge par l’UE. Si Michel Barnier fait encore partie du gouvernement d’après les municipales, la feuille de route sera celle-là. Elle correspond à une conviction : l’importance à venir de l’enjeu alimentaire (tant en quantité qu’en prix) nécéssite de définir dès aujourd’hui les conditions dans lesquelles on demande aux agriculteurs de produire. Dans sa première intervention au salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy devait se placer dans ce contexte.

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Le problème, c’est qu’on a l’impression que la France est en train d’imaginer une nouvelle Pac en solitaire, quitte à aller ensuite convaincre ses partenaires. Peut-être eût-il mieux valu faire l’inverse. Quand la chancelière allemande Angela Merkel dit qu’elle serait favorable à renationaliser certains aspects de la Pac, elle ne va pas vraiment dans le sens des Français. Or, cette renationalisation est le risque numéro un. Elle pourrait être à l’origine de nouvelles distorsions de concurrence à côté desquelles celles que l’on connaît aujourd’hui sont une paille. Déjà, les agriculteurs français subissent des inégalités qui pèsent lourd : concernant les charges sociales ou encore l’accès aux technologies nouvelles comme les OGM. C’est aussi sur ces distorsions de concurrence que les propos du président de la république étaient impatiemment attendus. Il n’y aura pas d’ambition forte sans une Pac unifiée.