Suspendu deux semaines en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’export de bovins vifs a repris le 1er novembre, avec quelques jours d’avance. Quelques jours plus tard, l’Italie, premier débouché, a accepté de recevoir des animaux vaccinés.
Un début de retour à la normale pour les éleveurs situés hors des zones réglementées : les exportations de bovins vivants ont repris dès le 1er novembre, après avoir été suspendues en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Instauré le 18 octobre, le blocage était initialement prévu jusqu’au 4 novembre inclus. Intervenant en plein pic de la saison des broutards, cette reprise de l’export s’accompagne d’une « surveillance renforcée des rassemblements bovins », précise le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 30 octobre. D’une part, jusqu’au 16 novembre inclus, « tous les centres de rassemblement français devront notifier sous 24 heures par les outils de saisie habituels tous les mouvements de bovins ». D’autre part, jusqu’au 4 novembre, les centres de rassemblement situés en « zone réglementée supplémentaire » (1) devaient déclarer leur reprise d’activité auprès de la préfecture ; ils doivent ensuite « fonctionner sous la supervision d’un vétérinaire désigné par le représentant du centre ».
Selon la Rue de Varenne, la suspension des exports a permis de « stabiliser la situation sanitaire », car « aucun nouveau foyer de DNC n’a été déclaré en dehors des zones réglementées ». De son côté, saluant une « décision juste et nécessaire », la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) appelle dans un communiqué à la « reconduction des prix d’avant blocage », tout en exhortant la ministre à obtenir « rapidement des accords bilatéraux » pour faciliter l’exportation des animaux vaccinés.
Vaccination et immunité collective pour l’Italie
L’un de ces accords a été décroché quelques jours plus tard : premier débouché français pour l’export de bovins vifs, « l’Italie a donné son accord pour recevoir des animaux vaccinés » contre la DNC (ainsi que des veaux « nés de mères valablement vaccinées »), a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 3 novembre. À ce stade, seuls les animaux des deux premières zones réglementées (celle des Savoies, levée le 22 octobre et celle du Rhône, levée le 5 novembre) sont vaccinés et peuvent être exportés. Les bovins des trois autres zones réglementées sont aussi soumis à vaccination, mais ils ne pourront être exportés qu’après la levée de la zone réglementée.
L’Italie a demandé des « conditions sanitaires assez contraignantes, mais atteignables », précise la Rue de Varenne. Parmi ces conditions « requises par la réglementation européenne » figurent notamment un délai de 28 jours minimum après vaccination (sans mouvement d’animal) ; un examen clinique « favorable » ; ainsi qu’une « immunité collective » plus large (vaccination depuis 60 jours dans un rayon de 50 km, pas de foyer depuis au moins trois mois dans un rayon de 20 km).
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En 2024, la France a expédié vers l’Italie 778 000 bovins maigres (surtout des broutards). « Nous attendons encore à ce jour l’accord de l’Espagne », deuxième débouché avec 109 000 têtes, ajoute le ministère. Avec un total de 938 000 animaux expédiés l’année passée (principalement des broutards), l’export en vif constitue un débouché structurant pour la filière bovine.
Sur le plan sanitaire, selon le dernier bilan au 3 novembre, la France dénombrait 96 foyers de DNC (dans 64 élevages) depuis l’apparition de la maladie, fin juin. La maladie ne s’est pas étendue, mais de nouveaux cas ont été détectés dans les zones réglementées déjà en place. Au 4 novembre, on comptait six foyers dans la zone du Jura et dix dans celle des Pyrénées-Orientales. Dans ce dernier département, quelque 330 bovins ont été euthanasiés sur ordre de l’administration, selon L’Indépendant (article payant). La vaccination obligatoire est en cours de déploiement dans les zones réglementées. Dans les Pyrénées-Orientales, environ 90 % du cheptel était vacciné au 4 novembre, a indiqué le préfet du département, Pierre Régnault de la Mothe, qui espère atteindre les 100 % en fin de semaine.
YG