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DNC : vaccination dans les PO, repeuplement en vue dans les Savoies

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Après les cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Catalogne, la campagne de vaccination démarre dans les Pyrénées-Orientales. Dans la première zone touchée dans les Savoies et l’Ain, les restrictions de mouvements s’allègent, ouvrant des perspectives de repeuplement.

« Les vaccins arrivent demain » (jeudi 9 octobre, NDLR) dans les Pyrénées-Orientales, afin de protéger les bovins situés dans la zone réglementée pour la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) établie après un cas en Espagne, a indiqué le cabinet de la ministre de l’Agriculture le 8 octobre. La campagne de vaccination obligatoire concerne « environ 3 500 bovins recensés », précise la Rue de Varenne à Agra Presse. L’Espagne a connu son premier cas de DNC le 1er octobre dans un élevage de 123 bovins laitiers de Castelló d’Empuries (Catalogne). Il a été suivi d’un second dans un autre élevage laitier, le 4 octobre à Peralada, « à 4,5 km au nord », selon la plateforme française ESA, puis d'un troisième le 8 octobre. Dans les deux premiers cas, des animaux présentaient des signes cliniques de la maladie. Au 4 octobre, des investigations étaient encore « en cours dans deux exploitations en lien épidémiologique situées dans la même zone, l’une d’élevage de 255 génisses, l’autre de 821 vaches », ajoutait la plateforme.

Les deux foyers espagnols ont conduit les autorités à mettre en place une zone réglementée de 50 km autour des élevages infectés. Enjambant les Pyrénées, elle englobe 93 communes des Pyrénées-Orientales, selon l’arrêté préfectoral correspondant. Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture du 4 octobre, « les mouvements de bovins sont interdits dans, vers et à partir de cette zone, à des fins d’élevage, le temps d’observer le caractère éventuellement évolutif de la situation sanitaire dans cette zone et en Espagne ». Quant à la décision d’y vacciner les bovins, elle a été prise le 6 octobre. La France « dispose d’un stock suffisant de doses vaccinales pour une campagne de vaccination supplémentaire », assurait le ministère le 4 octobre.

40 % des bovins vaccinés en Loire et Rhône

Par ailleurs, dans la deuxième zone réglementée en France (Loire, Rhône, Isère), 40 % des bovins sont vaccinés, a indiqué le ministère de l’Agriculture à Agra Presse le 8 octobre. Instaurée autour du foyer confirmé le 18 septembre dans le Rhône, cette zone comprend environ 350 000 bovins. Les élèves vétérinaires – qui participaient déjà à la campagne de vaccination – pourront y être mobilisés jusqu’au 31 mars 2026, en vertu d’un arrêté paru au Journal officiel le 8 octobre. Le 18 septembre, la DNC avait été confirmée à Saint-Laurent-de-Chamousset, dans les monts du Lyonnais, à l’ouest de la capitale des Gaules. Après deux semaines sans foyer, la maladie parcourait ainsi une centaine de kilomètres, se retrouvant aux portes des bassins d’élevage allaitant du Massif central et du Charolais. Au 9 octobre, il s’agissait du dernier des 79 foyers français de DNC depuis l’apparition de la maladie fin juin en Savoie.

Enfin, dans la première zone touchée par la DNC, la zone de protection a été levée dans les Savoies et dans l’Ain, à la suite de « l’évolution favorable de la situation sanitaire », ont indiqué le 4 octobre les autorités préfectorales. « La préfète de l’Ain informe que, suite à l’évolution favorable de la situation sanitaire et à l’absence de nouveau foyer, ce samedi, la zone de protection restant en place autour de la DNC des bovins survenus entre le 29 juin et le 6 septembre dans les départements de Savoie, Haute Savoie et de l’Ain, est levée », a indiqué la préfecture de l’Ain dans un communiqué.

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Remplacer les 1 700 bovins abattus

La zone de protection (20 km autour des cas) compte plus de 200 communes, dont 75 dans l’Ain, qui sont donc rétrogradées en « zone de surveillance », au lieu de « zone de protection », allégeant ainsi les conditions de mouvements des animaux. Un assouplissement attendu par les éleveurs pour rapatrier les nombreuses bêtes bloquées en estive. La levée de la zone de protection ouvre aussi des perspectives de repeuplement, afin de remplacer les 1 700 bovins abattus (sur 263 000 dans la zone réglementée) pour freiner la propagation de la maladie.

« Une organisation collective est en place pour anticiper et faciliter le repeuplement lorsqu’il sera possible », indique la chambre d’agriculture Savoie Mont-blanc sur son site internet. Un travail qui poursuit quatre objectifs : « éviter toute spéculation sur les prix » ; « négocier collectivement pour accélérer le repeuplement » ; « coordonner les élans de solidarité émis par d’autres départements et des agriculteurs des Savoie » ; et enfin « garantir un niveau sanitaire élevé des animaux réintroduits ».

YG

Environ 3 500 animaux à vacciner dans les Pyrénées-Orientales

« Organisation collective » dans les Savoies pour préparer le repeuplement