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Dominique Potier ne lâche rien sur la HVE

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Dans les débats parlementaires concernant le projet de loi EGAlim, le groupe Nouvelle gauche a le sentiment que le concept d’agroécologie n’a pas été suffisamment mis en avant. « Nous ne désespérons pas de faire encore bouger les lignes », assure Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle. « On se rend compte qu’il n’existe pas beaucoup de marges de manœuvre pour changer les conditions structurelles de marché. Nous soutenons plusieurs outils qui peuvent permettre de transformer en profondeur le marché de l’agroalimentaire », explique-t-il. Cela passe notamment par une incitation à la création de grandes associations d’organisations de producteurs (AOP) ; la reconnaissance des contrats tripartites producteur-transformateur-distributeur dans le commerce équitable ; et enfin s’appuyer sur la haute valeur ajoutée (HVE) pour promouvoir l’agroécologie. « Aujourd’hui, l’agroécologie répond à une demande citoyenne. Elle fait consensus, mais elle souffre d’une définition trop floue, explique le député. Du fait de cette imprécision, des entreprises privées se sont emparées du concept. Il faut que la puissance publique reprenne la main sur le concept d’agroécologie grâce à la HVE, reconnue par l’État ».

Pour lui, cela permettrait d’avoir un mode d’agriculture durable reconnu à côté de l’agriculture biologique. « La HVE ainsi définie correspondra à une reconnaissance de l’exploitation et non des produits. On pourrait se servir de cet outil pour gérer un bassin de captage, un territoire, une filière complète. »

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Une des difficultés rencontrées est de définir de façon claire et non opposable ce qu’est l’agroécologie, ce qui est plus compliqué que de définir l’agriculture biologique. Dominique Potier ne nie pas cette difficulté. « Ce n’est parce que c’est difficile qu’il faut abandonner, d’autant qu’une partie des exploitations françaises sont déjà dans la démarche HVE avec la polyculture-élevage, les rotations longues en grandes cultures, etc. » Dominique Potier défend l’idée que la HVE pourrait remplacer d’autres dispositifs qui sont plus complexes, comme les MAE, et pourrait être au final un outil de simplification avec une obligation de résultat plutôt que de moyens. « On ne peut pas faire une loi EGAlim sans s’emparer de cet enjeu, on raterait quelque chose », considère-t-il.

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