La non-répercussion à la grande distribution de la récente hausse du cours des céréales entraînerait, pour le groupe Doux, une baisse du revenu des éleveurs, des licenciements et une déstructuration de la filière.
Dans une conférence de presse du 14 octobre, Guy Odri, directeur général délégué du groupe Doux, annonce que trois enseignes représentant 50% de la grande distribution, regroupée sous trois enseignes, se refusent à répercuter la flambée du cours des céréales de ces derniers mois sur le prix de vente aux consommateurs. En somme, elles refusent une augmentation du prix d’environ trois centimes d’euros de la viande de volaille dans leurs rayons. L’envolée du cours des céréales a entraîné une hausse de 30% des coûts de production du fait de l’alimentation du bétail. Dans une filière intégrée comme celle de la volaille fraîche, les industriels, comme Doux, ne peuvent supporter seuls cette hausse des coûts de production. Immanquablement, ils iront la répercuter auprès des éleveurs ou fermeront certaines de leurs unités de production. Le même scénario s’était déjà produit en 2007. Doux avait alors fermé trois sites, dont deux en Bretagne, et encaissé une perte nette de 45 millions d’euros. Aujourd’hui, perdre n’est plus possible car les marges sont faibles (2% en moyenne) et « l’ensemble de la filière est menacé », dans un contexte de décroissance et de perte de compétitivité. En 10 ans, la production française a chuté de 20% alors que la production mondiale a augmenté de 30%.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.