Selon la DGAL, douze tonnes de viande avariée ont été saisies le 25 novembre dans un entrepôt frigorifique du Val-d’Oise. Le syndicat FO dénonce un manque d’effectifs de techniciens et de contrôleurs sanitaires.
Douze tonnes de viande avariée, selon la Direction générale de l’alimentation (DGAL), revendue telle quelle ou sous forme de plats cuisinés, ont été saisies le 25 novembre dans un entrepôt frigorifique à Bezons (Val-d’Oise). Les deux gérants de la société ont été interpellés sur place et déférés devant la justice à l’issue de leur garde à vue à la direction départementale de la police aux frontières (PAF), nouvellement créée dans ce département. Une douzaine de salariés ont également été interpellés et font l’objet d’une procédure ouverte pour « travail dissimulé », selon une source policière. La viande, dont on ignore pour l’instant la provenance exacte, était reconditionnée dans cet entrepôt le week-end. Elle était ensuite revendue « telle quelle » sur les marchés d’Ile-de-France ainsi que sous forme de plats cuisinés ou reconstituée, en merguez par exemple. Selon cette même source, les plus importantes quantités de viande avariée auraient été écoulées sur des marchés situés dans le département des Hauts-de-Seine, selon les éléments de l’enquête conduite sous la responsabilité du parquet de Pontoise (Val-d’Oise).
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« Un manque de contrôles et d’effectifs » pour FO
Les gérants auraient créé de toutes pièces les « Comptoirs fermiers d’Auvergne / Chevallier et frères », sans s’acquitter notamment des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales habituelles. Cela déclencha apparemment le début de l’enquête de la PAF, aidée de plusieurs services d’autres administrations (inspection vétérinaire, fisc et inspection du travail). Des faits de fraude fiscale pourraient être reprochés aux deux gérants, a ajouté la source, l’enquête se poursuivant le 30 novembre. Pour le Syndicat national des techniciens supérieurs et des contrôleurs sanitaires du ministère de l’Agriculture (SNTMA - FO), « cela démontre que malgré leurs faibles moyens, les services de contrôle, dont les services vétérinaires, parviennent encore à œuvrer efficacement sur le terrain ». « Certaines entreprises peuvent agir quasi impunément faute de contrôles suffisants à tous les stades de la filière alimentaire. Les effectifs des techniciens supérieurs et contrôleurs sanitaires dans les services vétérinaires sont notoirement insuffisants dans la région Ile-de-France. Les missions, faute de moyens, sont ciblées et limitées. Malgré tout, le gouvernement et le ministre de l’Agriculture continuent à baisser les effectifs », dénonce le syndicat dans un communiqué du 30 novembre.