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Duval-Leroy estime à 10% le surcoût pour les prochaines vendanges

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La maison de champagne de Vertus, dans la Marne, prévoit 100 000 € de surcoût dû au Covid-19 lors des vendanges et, comme le reste de la profession, s'attend à une baisse d'au moins 30% de ses ventes en 2020.

Alors que les premières fleurs éclosent dans les vignes de Champagne, avec au moins quinze jours d'avance comme dans la plupart des vignobles français, la Maison Duval-Leroy a estimé les conséquences du Covid-19 sur les prochaines vendanges qui devraient débuter entre le 20 et 25 août. Comme d'habitude, la PME viticole de Vertus (Marne) fera appel à environ 300 cueilleurs extérieurs qui viennent renforcer ses équipes comprenant les 40 salariés dédiés en permanence aux travaux dans la vigne et 40 collaborateurs travaillant dans les bureaux ou à la production qui leur prêtent main forte (effectif total : 100 salariés). "Cette année, même si les quotas d'appellation que l'on connaîtra fin juillet s'annoncent plus faibles, nous nous inquiétons des conséquences des normes sanitaires à mettre en place sur le déroulement des vendanges", s'interroge Charles Duval-Leroy, directeur commercial et marketing de la maison éponyme.

Bouchons dans les vignes

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Depuis le début du confinement, cette dernière a déjà dû revoir ses méthodes de travail, supprimer le face à face dans les rangs de vigne en optant pour trois rangs d'écart minimum entre chaque ouvrier viticole, adopter les pauses décalées et multiplier les trajets entre l'entreprise et ses 160 hectares de vignes, car le nombre de personnes conduites par minibus est divisé par trois dans le respect des distances sanitaires. "Au plus fort des vendanges avec des milliers de cueilleurs à transporter quotidiennement, ces allers et retours incessants de bus vont créer des bouchons dans les vignes, avec des surcoûts de transport évidents et un impact environnemental non négligeable. Avec l'achat de matériel (masques, gel hydro-alcoolique, parois en plexiglass...), l'impact des pauses multipliées et les contraintes de logement pour les cueilleurs que nous facturent les prestataires de main-d'oeuvre, nous estimons le surcoût durant les vendanges entre 90 000 et 110 000 €, soit environ 10% de leur coût total habituel", poursuit Charles Duval Leroy. Un investissement qui s'ajoute aux autres aménagements réalisés sur la chaîne de production : les temps de pause séparés, l'interruption de la chaîne de production d'une heure par jour au lieu d'une demie-heure, les temps de nettoyage multiplié par deux... "Nous avons stoppé notre production dès le 17 mars en savant que nous avions trois mois de stock d'avance. Et nous avons repris quelques jours en mai pour adapter nos process et tester les nouvelles méthodes de travail, mais pour l'instant nous n'avons pas encore réellement relancé la production car nous avons toujours du stock. Ce qui n'a pas été bu durant cette période, ne le sera pas davantage à l'avenir", remarque-t-il.

Alors qu'elle focalise désormais sa distribution exclusivement sur le réseau des CHR (90% de ses ventes), abandonnant totalement la GMS et son activité de marque de distributeur, la Maison Duval-Leroy s'attend, comme la plupart des acteurs du champagne, à une baisse de 30 à 50% de ses ventes en 2020. Son chiffre d'affaires, qui reste stable ces derniers exercices, s'élevait à 61,3 M€ en 2018 pour une production de 2 millions de cols.