Le secrétariat national de la Confédération paysanne a détaillé les priorités du syndicat pour l’année à venir. Gestion de l’eau, loi d’installation, assurance ou encore influenza, le tout dans un contexte de renouvellement de représentation lors d’un congrès, alors que Nicolas Girod abandonnera son mandat de porte-parole.
En 2023, pour la Confédération paysanne, « le premier sujet, c’est l’eau », annonce Nicolas Girod lors d’une conférence de presse le 4 décembre. Un dossier juridique, tout d’abord, alors que des membres et soutiens du syndicat seront entendus par les tribunaux de la Rochelle et de Niort début janvier pour différentes manifestations. Un dossier politique, ensuite, que la Conf’espère porter auprès de Matignon mi-janvier, avant de lancer la troisième édition de son Salon à la ferme autour du même thème fin février pour réaffirmer l’ensemble de ses positions auprès du grand public. Le syndicat maintiendra la pression jusqu’en mars, avec une nouvelle mobilisation prévue le 25, lors de laquelle des anciens participants à des combats historiques contre les OGM ou sur le plateau du Larzac devraient prendre la parole.
La Conf’ n’oubliera pas, en parallèle, de s’impliquer dans les dossiers d’actualité. Pour la loi d’orientation agricole (LOA), dont les discussions devraient démarrer en janvier, « nous avons de fortes ambitions », prévient la secrétaire générale Véronique Marchesseau. Le syndicat, rappelle-t-elle, a déjà identifié un objectif clair : installer un million d’agriculteurs pour répondre tant à l’urgence climatique qu’aux enjeux de revenu. Si la Conf se dit déjà « refroidie » par les premiers tours de table, elle n’en prévoit pas moins de démontrer l’intérêt des parcours d’installation « alternatifs » à celui des chambres, dont celui porté par le syndicat avec le réseau Fadear.
D’autres sujets restent également en suspens en début d’année, notamment l’influenza aviaire, ou encore la réforme de l’assurance climatique. « Le dispositif retenu ne fonctionnera que sur des sinistres conjoncturels, et de nombreuses productions en seront exclues comme les plantes à parfum ou le maraîchage », regrette le secrétaire national Denis Perreau.
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Les leçons du PSN
Autant de dossiers qui, à partir du congrès prévu au printemps 2023, devraient être gérés par une nouvelle équipe. Car lors du prochain congrès de la Confédération paysanne qui se tiendra au printemps 2023, quatre élus sur les neuf que compte le secrétariat national devraient céder leur place. Les règles internes du syndicat, rappelle Véronique Marchesseau, empêchent les producteurs d’être élus plus de huit années consécutives.
Parmi les sortants se trouvent le trésorier Pierre Vidal, Denis Perreau en charge de l’élevage, le vosgien Thierry Jacquot, mais également Nicolas Girod, l’actuel porte-parole du syndicat. Élu à la tête du syndicat en 2019, l’élu jurassien a notamment été la voix de la Conf durant toute la négociation du plan stratégique national (PSN), la déclinaison nationale de la future Pac, sur laquelle son syndicat déplore « un échec ».
Le nouveau mandat pourrait donc être l’occasion, selon le porte-parole, d’accélérer la stratégie d’alliances avec les ONG ou d’autres groupes de la société civile, pour emmener les négociations au-delà du seul sujet agricole, jusque dans l’assiette des Français. « Pour ne pas avoir les tracteurs de la FNSEA dans la rue juste avant les élections, l’Élysée a fait le choix de ne rien changer par rapport à la Pac précédente, analyse Nicolas Girod. Ce choix éclaire pour nous la nécessité, pour la suite, d’allier la stratégie du syndicat à une stratégie collective. Nous devons aller vers une plus grande convergence des enjeux d’agriculture, d’alimentation et de territoires, qui ne concernent pas que les paysans ».