Abonné

Egalim 4 : la position de la Coopérative U

- - 3 min

Alors que le gouvernement veut présenter une 4e version de la loi Egalim d’ici l’été, les sénateurs ont auditionné le p.-d.g. de la Coopérative U. Il souhaite assouplir le calendrier des négociations, obtenir plus de transparence concernant la matière première agricole et déplore la concurrence des drogueries discount qui commencent à vendre de l’alimentaire.

À l’occasion de son audition le 12 mars devant les sénateurs réunis en commission des Affaires économiques, le p.-d.g. de la Coopérative U Dominique Schelcher a donné sa position sur plusieurs sujets en lien avec la prochaine loi Egalim 4. Concernant le SRP + 10 (seuil de revente à perte), il s’est montré favorable à son maintien, car il limite la guerre des prix et permet de financer les produits sur lesquels U ne prend pas de marge dans le cadre de son panier anti-inflation.

En revanche, il est opposé à son maintien sur les produits droguerie, pharmacie et hygiène (DPH), en raison du déport des achats constaté vers les discounters de type Action qui vendent des produits importés, et qui commencent à vendre des produits alimentaires d’épicerie, également importés. Or ces commerces, comme le e-commerce de type Shein, ne sont pas soumis à Egalim. C’est, selon lui, un sérieux problème, avec des ventes de produits DPH qui ne se font plus dans les GMS, car bien plus chers que chez les discounters. Un avis qui est en parfaite ligne avec la proposition de loi (PPL) sur le SRP + 10 portée par Stéphane Travert et qui vient d’être adoptée le 11 mars en commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Desserrer l’étau des trois mois de négociation

Sur les périodes de négociations obligatoires entre le 1er décembre et le 28 février, il suggère que cela puisse de faire de façon flottante pour fluidifier les échanges entre fournisseurs et distributeurs. Il a rappelé que les négociations ont lieu toute l’année pour les marques de distributeurs (MDD), et qu’elles sont bien plus fluides pour cette raison. Les trois mois de calendrier imposé créent selon lui un goulot d’étranglement à la fin de cette période, ce qui oblige les parties prenantes à se concentrer uniquement sur le prix, par manque de temps.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre

Il suggère aussi d’organiser les négociations commerciales en deux temps : d’abord entre agriculteurs et industriels (contrôlées par le DGCCRF), afin d’obtenir le montant de la matière première agricole (MPA), puis entre industriels et distributeurs, qui se feraient ainsi en parfaite connaissance de cette MPA.

Plus généralement, Dominique Schelcher a rappelé son attachement au respect des lois Egalim, ce qui explique qu’U ait quitté les centrales d’achats européennes, assurant n’avoir pas d’autre projet sur ce sujet. Il a déploré que seule la France en Europe ait une organisation des négociations aussi rigide en termes de calendrier, très difficile à comprendre pour ses homologues étrangers.

Le SRP + 10 limite la guerre des prix